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De plus en plus de jeunes versent dans la délinquance Le phénomène est devenu menaçant



La violence juvénile semble avoir, aujourd'hui, gagné de nouvelles catégories de la jeunesse algérienne. Ainsi, l'âge des jeunes mis en cause dans des actes de violence est devenu précoce, ce qui laisse supposer que la société est devant un nouveau phénomène qu'elle devra savoir gérer pour éviter qu'il ne devienne un fléau difficile à contrer.
Ainsi, en moins d'une semaine, deux affaires mettant en cause des lycéens et des collégiens ont été signalées à Oran. La première a mis en cause l'élève d'un lycée, qu'on dit fréquenté par des enfants issus de la classe sociale au niveau de vie confortable, a été impliqué dans une bagarre dans son quartier. L'incident qui aurait pu être circonscrit à son aspect strictement judiciaire puisque cet élève a été appréhendé, écroué et jugé au pénal, a suscité une réaction des camarades du mis en cause qui ont manifesté à Oran et observé un sit-in devant le siège de la Direction de l'éducation pour exiger sa libération.
Ces élèves ont même bénéficié du soutien de quelques enseignants qui ont, par on ne sait quelle parade, estimé que l'incarcération de ce jeune allait perturber sa scolarité et faire de lui un futur délinquant prêt à tous les coups tordus. L'argument n'est pas justifiable, même si ces enseignants estiment que le mis en cause serait mis au contact, dans la maison d'arrêt, à des multirécidivistes qui feraient de lui un bon disciple prêt à commettre les pires crimes.
Un pédagogue sollicité à l'occasion de séminaires, pour ses travaux liés à la délinquance en milieu scolaire, explique le phénomène par le changement de modèle et la quête de la personnalité en phase d'adolescence. «L'élève qui s'identifiait jadis à son enseignant découvre aujourd'hui que son modèle n'a plus l'image valorisante qu'il véhiculait. L'enseignant vit, aujourd'hui, des problèmes sociaux qui ne lui permettent plus de jouer ce rôle. L'enfant privé de modèle recherche des substituts dans son entourage et s'identifie à des personnages violents rencontrés au détour des jeux que lui offrent ses consoles de jeu», fera-t-il remarquer.
Maître Mohamed T., un avocat du barreau de Mascara, fera part quant à lui des tares dans la perception des notions de majorité pénale et civile. Pour lui la majorité pénale commence à partir de l'âge de 17 ans. L'adolescent est responsable pénalement de ses actes. Il doit en répondre devant un juge des mineurs qui peut prononcer l'emprisonnement, le verdict est laissé à son appréciation. La majorité civile ou légale est fixée à 18 ans, mais cela n'empêche pas un magistrat de prononcer un verdict en fonction de la gravité des faits reprochés à un adolescent ", dira-t-il.
L'école, un rôle éducatif mal assumé
L'autre fait, gravissime lui aussi et qui renseigne sur le glissement de la société dans une nouvelle forme de violence s'est déroulé dans le paisible quartier des Palmiers, sur les hauteurs d'Oran. Une jeune femme a été attaquée par deux individus qui voulaient lui subtiliser son sac à main. La malheureuse n'a du son salut qu'au passage d'un officier de la police en tenue civile qui a pu faire fuir un des assaillants et appréhender le second. Confié aux policiers, le délinquant a été identifié comme un collégien poursuivant ses études dans un
CEM de la capitale de l'Ouest et son acolyte, un lycéen.
Comble de l'ironie la mère du collégien est une enseignante dans un établissement du cycle secondaire à Oran. Cette dernière suppliera la victime pour qu'elle retire sa plainte. " Sa mère est venue me voir pour retirer ma plainte, mais j'ai refusé.
C'est à elle d'assumer les actes de son fils. Elle est enseignante, elle aurait du éduquer convenablement son enfant au lieu de le laisser comme une bête en vadrouille en ville. Ce n'est pas à moi de lui montrer le droit chemin", dira-t-elle.
De l'avis d'un grand nombre d'observateurs, l'école algérienne n'assume plus son rôle d'éducation. Les réseaux de trafic de drogue et de petite délinquance utilisent des bras de plus en plus jeunes dans leurs trafics. " Ces délinquants, parfois encore au stade de l'enfance, au contact de la rue sont une cible facile pour les caïds de la drogue et autres.
D'ailleurs les brigades de protection des mineurs en danger moral, aussi bien de la Gendarmerie nationale que de la police, ont tiré depuis longtemps la sonnette d'alarme contre le phénomène et leurs mise en garde ne semblent pas encore être prises en considération ", dira le responsable d'une association de lutte contre la toxicomanie en milieu juvénile.
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