Par Kamel Amghar
Tout le monde est unanime : la formation est le problème majeur du football algérien. La FAF, les ligues régionales et de wilaya, les
présidents de clubs, les anciens joueurs, les techniciens et les analystes s'accordent pleinement sur ce constat. Mais dans la réalité, rien n'est fait, ou si peu, pour remédier à cette carence. Tous les clubs algériens, ou presque, ne s'occupent que des seniors aux dépens des petites catégories qui évoluent dans de très mauvaises conditions. Devant ce désintérêt pour la chose, la FAF s'est dotée en 2007 d'une Académie pour préparer des équipes compétitives aux championnats d'Afrique des U- 13, U-17 et U-20. C'est en quelque sorte un centre technique pour les sélections nationales de jeunes. On doit souligner d'emblée que ce volet de détection de jeunes talents et de formation échoit en principe aux clubs et aux académies. Le rôle de la fédération, en tant qu'instance de régulation et d'encadrement des compétitions, devrait se limiter à encourager l'initiative, à protéger les formateurs et à édicter des règles contraignantes dans ce sens. L'entreprise fédérale était cependant saluée en ce sens qu'elle donne l'exemple. Confiée, tour à tour, à des techniciens locaux et étrangers, cette académie affiche un bilan mitigé ; une seule finale africaine de la U-17 jouée à domicile et élimination précoce des autres catégories. Une hirondelle ne fait pas le printemps, dit-on. De par sa capacité d'accueil extrêmement limité, ce centre de formation de la FAF ne peut pas, à lui seul, combler tout le vide cumulé dans ce domaine de la formation. Tous les clubs algériens, notamment les 32 sociétaires des deux ligues professionnelles 1 et 2, doivent s'y mettre. L'Académie de la FAF servirait, alors, de centre d'appoint et de perfectionnement des sélections nationales. Depuis la fin des années 1980, le football algérien n'a pas formé de grandes valeurs. Les écoles et les petites catégories ont été abandonnées à leur triste sort. A défaut de moyens, les éducateurs ont été amenés à jeter l'éponge ou à changer d'air. Les recruteurs et les managers, faute de trouver l'oiseau rare sur place, se sont depuis tournés vers les pays africains et la communauté algérienne émigrée. Exploitant cette aubaine, de nombreux athlètes de l'Afrique noire ont trouvé dans le championnat algérien un tremplin pour atteindre les écuries européennes, et notamment françaises. Les rares clubs locaux, qui sauvegardent encore la tradition, sont carrément «arnaqués» par les clubs dits de l'élite qui, pour le prix d'une bouchée de pain, viennent s'offrir tranquillement le fruit de leur labeur. Des clubs comme le PAC, l'USMH, l'ASMO, la JSMB ou l'USMS qui ont gardé leurs pépinières de jeunes talents devraient être protégés par la loi et encouragés les sponsors publics et privés. Même avec cinq ou six académies, dûment équipées, l'effort resterait toujours insuffisant pour un réel développement du ballon rond au niveau continental et international. Tous les clubs doivent apporter leur pierre à l'édifice afin de couvrir tout le territoire national et offrir le choix aux sélectionneurs. Il ne suffit plus d'ouvrir des centres de formation fédéraux dans les plus grandes villes du pays (Alger, Constantine et Oran, par exemple), il faut ratisser large. Pour cela, on doit instaurer des règles incitatives. D'abord, les autorités et les instances sportives sont appelées à réfléchir pour définir un mécanisme qui protégerait les clubs formateurs. Ensuite, dans l'attribution des subventions publiques, une faveur particulière devrait être accordée aux écoles de formation. L'idée qui consiste à créer des prix conséquents pour récompenser les meilleurs clubs formateurs peut encourager aussi l'émulation. Les sponsors privés doivent en prendre conscience en s'intéressant davantage aux petites écoles au lieu de voler constamment aux secours des trabendistes qui prennent aujourd'hui tous les clubs d'élite en otages.
K. A.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Photo M Hacène
Source : www.latribune-online.com