Oran - Revue de Presse

De la bonne tenue de l'Afrique du Sud à la déception française



Quel effet d'être les premiers à ouvrir le bal d'une coupe du monde ? Ça pourrait être un sujet de recherche pour des psychologues. Quoiqu'il en soit, ni les Mexicains, ni les Sud Africains n'ont semblé en proie à un quelconque blocage puisqu'ils ont offert un match de bonne qualité. Les deux formations, reparties dos à dos, peuvent avoir des regrets, chacune d'entre elles étant en mesure de rafler la mise. Les Mexicains auraient pu faire la décision en première mi-temps en monopolisant le ballon mais, connaissant la grande expérience de Pareira (5 coupes du monde), on se demande si cette domination des coéquipiers de Marquez n'était pas souhaitée et acceptée. La preuve aucun pressing n'a été exercé sur le gardien du Mexique Perez et ses partenaires, les Bafana Bafana revenant en bloc dans leur moitié de terrain. Ce refus de se livrer découle certainement de la stratégie du coach brésilien et conforme donc à ses options. Le but réussi sur une contre rapide et signé par Tshabalala renforçait Pareira dans ses convictions d'autant plus que son rival Javier Aguire se trouvait contraint d'aller résolument à l'attaque, en lançant à quatre minutes d'intervalle ses fers de lance, Blanco (meilleur buteur de la sélection) et l'espoir Hermandez. Mais il nous semble que la sortie du très offensif latéral droit Aguilar par le milieu Guardado s'est avérée une erreur dans la mesure où le but sud africain est venu -dans sa phase finale- du côté droit de la défense mexicaine. Il a fallu une faute de placement de la paire centrale des Bafana Bafana pour que Marquez à la réception d'un centre, remette son équipe sur la bonne voie en égalisant. Mais tranchement, les Mexicains l'ont échappé belle sur l'action de Mphela qui a trouvé le poteau droit de Perez, peu avant la fin de cette rencontre, jouée sur un rythme soutenu. Pareira devra se montrer plus audacieux, mercredi prochain, face à des Uruguayens plus solides et plus rugueux que les Mexicains. Sur le plan tactique, ses louvoiements risquent de s'avérer improductifs. Son défenseur capitaine Mokoena nous a paru fébrile. Heureusement que le gardien Khune a justifié sa titularisation par des parades de classe. Le second match de cette journée fut beaucoup moins captivant et ce, bien dans la tradition des affrontements entre la France et l'Uruguay. On attendait beaucoup plus du onze tricolore qui n'a pu trouver la faille face à une équipe de la céleste, toujours difficile à bouger, grâce à son organisation compacte et à son esprit de corps. En fait, dans cette équipe de France en apparence unie, deux gros grains de sable ont enrayé la machine. C'est avec surprise, qu'on a vu Malouda sur le banc, alors que Diaby était aligné d'entrée. Un incident entre Malouda et Evra, le capitaine, étant à l'origine de cette mise à l'écart du joueur de Chelsea. D'autre part, et cela est plus grave, il est clair que Gourcuff n'est pas apprécié par certains cadres de l'équipe. On a remarqué que le Bordelais n'affectionne guère le travail défensif et de récupération et également son égoïsme dans les phases d'attaque. Au lieu de privilégier la manière collective, il préfère tenter sa chance par des tirs lointains. En titularisant Diaby, Domenech a, sans doute, voulu démontrer à Malouda que celui-ci n'était pas irremplaçable. Du côté de l'Uruguay, Tabarez a accordé une totale liberté à son buteur Forlan qui s'est mué en organisateur alors qu'on l'attendait en pointe, en duo avec Suarez. C'est peut-être une ruse du coach de la céleste qui pensait que les défenseurs français se focaliseraient sur Forlan, ce qui donnerait plus de liberté à son compère Suarez. Face à cet adversaire à l'attitude attentive en dépit d'un bon niveau technique d'ensemble, les Français ne sont pas arrivés à emballer le match, perdant stupidement de bons ballons. Des occasions, il y a eu quelques unes, mais les gardiens Lloris et Muslera ont en décidé autrement. En dépit de l'avantage numérique après l'expulsion de l'inexpérimenté Lodeiro, les Français n'ont jamais pu trouver la faille dans cette défense défendant en bloc. Les Uruguayens étaient assez heureux d'avoir arraché le point du nul. En ce qui concerne l'Uruguay, il est clair que le coach Tabarez a des difficultés à exploiter, à bon escient, les qualités du groupe mis à sa disposition.


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