Le Ramadhan est pour beaucoup le mois de la méditation de la lecture assidue du Coran. C'est aussi le mois des interrogations. Les imams et autres préposés aux fatwas ne chôment pas. Sur les pages des journaux, les ondes de la radio, ils éclaircissent des points du dogme et de la pratique, supposés connus dans bien des cas. L'usage du dentifrice, du parfum reviennent depuis des lustres comme les marrons dont sont friands les journalistes. Ce sont des sujets déterrés à des périodes creuses pour venir au secours d'inspirations en panne. Mais visiblement, tout se transforme. Désormais, d'autres soucis taraudent l'esprit des croyants. Le mariage sur le net, les versets coraniques utilisés comme des sonneries de téléphone portables. Ou s'arrête le licite et ou commence l'illicite ' Le citoyen veut savoir, trouver ses repères dans un monde où les inventions donnent le tournis. Il faut s'interroger, toutefois, sur l'usage des fatwas elles-mêmes. Où s'arrête le domaine de celles-ci et où commence celui de la loi. Si elles se recoupent souvent, surtout en matière de statut personnel, leurs domaines ne sont pas identiques. En matière de prêts avec intérêts, faut-il croire que les banques algériennes, qui consentent à ce genre de transactions, sont en contradiction avec la religion ' A entendre certains théologiens, le CPA, la BNA ou la BEA piétinent les enseignements de Dieu. Le débat sur ce sujet alimente depuis longtemps les controverses et on peine à se mettre d'accord. D'autres plaident pour procéder illico-presto à la fermeture de toutes les salles de spectacles, de tous les lieux où hommes et femmes peuvent se côtoyer. Les avis des hommes de religion ont été de tout temps sollicités. Les oulémas sont considérés, par extension abusive, comme des scientifiques. Mais s'agit-il toujours de répéter à l'infini les mêmes explications, ou d'ouvrir à nouveau les portes de l'ijtihad, vertu d'une religion dont le premier verset dit : « lis au nom de ton Dieu ». Le monde musulman est traversé de plus en plus par des courants antagoniques. Faut-il en faire un moyen de revivifier la pensée ou un brasier pour alimenter la haine qui déchire déjà certains pays, comme la Syrie ou l'Irak ' Recherchera-t-on des points de consensus sous peine de voir fleurir des fatwas fantaisistes, voire dangereuses '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : H R
Source : www.horizons-dz.com