Oran - Revue de Presse

Darfour L'ambassadeur du Soudan à Alger accuse



La crise du Darfour qui défraie la chronique mondiale a été longuement abordée, hier, lors d'une conférence-débat organisée par le Forum du journal El-Moudjahid en présence de nombreux ambassadeurs dont celui du pays concerné, le Soudan, le docteur Haider Hassen Hadj Sadek. Pendant que la communauté internationale parle de cette région et de l'actualité qui y prévaut en terme de génocide, le diplomate soudanais s'est appliqué à minimiser les faits reprochés à son Etat. «Il n'y a pas de caractère ethnique dans ce conflit mais surtout un acharnement des puissances occidentales pour dépecer le Soudan et placer à Khartoum un gouvernement à leur solde», réplique-t-il aux accusations.  Retraçant la genèse historique du conflit, il a affirmé que tout a commencé en 1990 quand Yahia Boulab, responsable de la section des étudiants dans le parti islamiste alors au pouvoir, déclencha une rébellion. Il sera exécuté. Un autre ministre islamiste M. Ibrahim Khalil sera à l'origine d'un autre soulèvement en 2003. La presse internationale parle des «Janjawids», ces miliciens arabes, décrits comme de faiseurs d'apocalypse par qui le malheur est arrivé, y compris les innommables tueries. L'ambassadeur soudanais ne nie pas leur existence mais «ils ne représentent en rien le gouvernement», pas plus qu'ils ne sont ses auxiliaires. Mais de «simples brigands et coupeurs de routes qui peuvent être aussi bien arabes qu'africains». Le diplomate a surtout réfuté les accusations portées par le Conseil de sécurité de l'ONU contre son pays. Un acharnement illustré par la promulgation de 17 résolutions en deux ans. «Le bilan des victimes ne dépasse pas 9.000 contrairement à ce que disent les organisations internationales instrumentalisées par les Etats-Unis». Lesquelles donnent le chiffre de 200.000. Les USA sont soupçonnés par les autorités soudanaises de nourrir des convoitises sur les richesses du pays, le plus grand d'Afrique par la superficie. Israël aussi est accusé d'avoir livré des armes et aidé les rebelles qui bénéficient d'une certaine «complaisance étrangère». 50.000 kalachnikovs et 50 millions de dollars constituent le butin de cette coopération non avouée.  Evoquant le plan de déploiement des forces onusiennes exigé par la résolution 1706 du 31 août 2006, le conférencier a rappelé que son pays accepte seulement si les 17.000 soldats sont sous commandement africain et issus des pays arabo-musulmans et africains. Et leur éventuelle arrivée devrait être accompagnée d'un calendrier progressif de retrait.  Le Soudan est surtout agacé par la pression exercée par les pays occidentaux. Et se refuse à céder aux injonctions d'organisations internationales. «On a voulu nous imposer des règles de fonctionnement de nos services de sécurité et traduire de hauts responsables devant la CPI. Or nous ne sommes pas signataires du traité qui a donné naissance à ce mécanisme», se plaindra l'ambassadeur qui épinglera au passage la Grande-Bretagne, la France dont le chef de la diplomatie en visite la semaine passée à Khartoum avait proposé la tenue d'une conférence internationale sur le Darfour, sans même avoir consulté le gouvernement du Soudan.  Parmi les facteurs qui ont favorisé l'exacerbation de la crise, M. Haider évoquera, entre autres, le caractère disparate qui compose les populations du pays - 5 millions d'habitants -, la sécheresse de 1984 et surtout les conflits ayant secoué les pays environnants notamment le Tchad qui ont favorisé l'introduction de beaucoup d'armes dans la région. Les rivalités tribales ont fait le reste.
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