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Crise ukrainienne



Crise ukrainienne
La crise ukrainienne persiste et s'aggrave. Si l'Europe affirme, ouvertement, son soutien à l'opposition, la Russie demeure prudente, du moins dans ses déclarations publiques.La crise politique qui frappe l'Ukraine, depuis le début du mois de décembre dernier, s'aggrave : à l'issue de leur première rencontre, de jeudi soir, pouvoir et opposition se sont séparés, sans aucun accord, qui puisse augurer d'un retour au calme et à la concertation. Le leader de l'opposition, Vitali Klitshko, a annoncé à ses partisans que le président Victor Ianoukovich, a promis de «libérer tous les détenus, faits prisonniers depuis le début de la révolte, sans poursuite, en échange d'un arrêt des manifestations. C'est la seule concession faite par le pouvoir ukrainien.» Du coup, la reconstruction de nouvelles barricades et l'appel à de nouveaux rassemblements, notamment, sur la place face au Parlement, baptisée «Maïdan» pour la conjoncture (signifiant terrain de lutte, en langue arabe) ont repris, ce vendredi matin. Déclenchée par le refus du gouvernement ukrainien de signer un Accord d'association (de libre échange) avec l'Union européenne, le mois dernier, la crise ukrainienne traduit, dans le fond, la rivalité entre la Russie et l'Europe occidentale, soutenue par les USA, dans le jeu de positionnement géostratégique, dans toute la région eurasiatique. D'ailleurs, l'Europe, comme les USA n'ont cessé de condamner, depuis le début de la crise, l'attitude du pouvoir ukrainien, quant à la répression contre les manifestants et les nombreuses atteintes aux droits de l'Homme. L'UE dépêche, en début de semaine prochaine, Mme Catherine Ashton, responsable du département des Affaires étrangères de l'UE (Service d'action extérieur). La Russie demeure, étrangement, discrète, au plan diplomatique, alors qu'elle a signé un accord commercial avec l'Ukraine, le mois dernier, en lui octroyant une aide de 15 milliards de dollars, dont 3 milliards ont été versés, immédiatement, après l'accord, ainsi qu'une réduction de 30% sur le prix du gaz fourni à l'Ukraine. Faut-il, en déduire, que la crise ukrainienne a, pour seule raison, des questions économiques et financières ' Certainement qu'il y a de cela. Mais pas que de cela. Car, au-delà des aspects économiques, c'est toute la problématique du mode de gouvernance et du régime politique qui sont remis en cause, par une partie de la population. 50 % environ de la population souhaite un régime politique libéral, démocratique, en phase avec les valeurs européennes pour rejoindre la famille de l'Union européenne, sur le moyen terme. L'autre partie de la population demeure, pour des raisons historiques et «ethnique», proche de la Russie. C'est tout le problème de l'Ukraine qui a vécu, en 2004, ce genre de crise avec la révolution dite «orange». C'est pourquoi, expliquer la crise ukrainienne par la seule question du refus du gouvernement d'un «contrat» économique avec l'UE est réducteur. D'autant plus que le président actuel, Ianoukovich, a déclaré que l'accord commercial signé avec la Russie n'empêche pas de signer un Accord d'association avec l'UE, dans les mois à venir. L'Europe a confirmé cette «voie» en répétant que l'Accord est toujours «sur la table et peut-être renégocié». Pour sa part, la Russie se cantonne, en apparence, dans une attitude prudente, en réaffirmant que la «solution de la crise ukrainienne dépend des seuls Ukrainiens». Moscou se défend de toute ingérence, directe, dans la crise. Cependant, la Russie ne peut demeurer «prudente», en cas d'aggravation de la crise. Elle dispose, encore, de forces armées en Ukraine, notamment, une flotte de guerre importante, dans le port d'Odessa, sur la mer Noire. Au final, la revendication légitime des Ukrainiens, pour un régime politique démocratique, garant des libertés et droits humains, se trouve otage de la rivalité entre Russie et Occident (Europe et USA). Deux solutions s'offrent au pouvoir de Victor Ianoukovitch : soit la démission de son gouvernement et l'organisation d'élections législatives anticipées, comme demandé par l'opposition ; soit la mise en place d'un gouvernement de transition, englobant les représentants de l'opposition.Par ailleurs, il faut compter avec le jeu d'équilibre entre la Russie et les Occidentaux. Si les Occidentaux montrent, à ce jour, un soutien ouvert et sans faille, à l'opposition ukrainienne, la Russie ne tardera pas à entrer, ouvertement, dans le jeu dès… la clôture des Jeux Olympiques d'hiver de Sotchi, le 17 février prochain.


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