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Crime



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Non, nous ne sommes pas dans la même République tant que les élèves de Ghardaïa, qui ont perdu des proches et dont les affaires scolaires ont été brûlées, ne connaissent pas une scolarité «normale». Nous ne sommes pas dans la même République tant que les gouvernants continuent de fermer les yeux et de mener une politique de l'autruche, alors que les tensions et les provocations se multiplient dans la vallée du M'zab. Une haine qui trouve ses racines dans la banalisation des discours extrémistes dans certains médias, les mosquées ou même chez quelques responsables. Ces derniers jouent avec le feu en faisant des particularités culturelles des déclencheurs de violence : nous avons stigmatisé tant de composantes de notre identité que les dérives les plus dangereuses se sont invitées dans nos foyers à travers tout le pays.Le racisme antisubsaharien n'est qu'un autre visage hideux de ces entreprises, nourries de l'ignorance et de l'intolérance. Or, face à ce déchaînement d'hostilité, qui va jusqu'à créer une sorte d'apartheid à Ghardaïa entre deux communautés, qui a fait oublier que tous sont d'abord citoyens algériens, que fait l'autorité centrale ' «C'est entre eux, on ne peut pas intervenir», disait un policier à notre reporter à Ghardaïa, résumant la vision de tout l'appareil qui nous gouverne, incapable d'assurer la sécurité, car ce n'est pas du tout sa priorité. Ghardaïa, nous l'avons déjà écrit, est le dramatique symptôme d'une faillite de la gouvernance. Mais même quand il réagit, que fait le pouvoir politique ' Il se contente d'envoyer des renforts avec un objectif diffus, et de parler à des «notables» alors qu'il a détruit la structure traditionnelle.Les autorités vont même user de chantage quand Sellal, alors directeur de campagne du candidat Bouteflika, dit clairement à Ghardaïa que tout rentrera dans l'ordre après le scrutin, comprendre : «Votez utile et on vous réglera le problème.» C'est indigne d'un Etat que de s'adresser ainsi à ses citoyens. Aujourd'hui, chaque Algérien devrait vivre dans la douleur le drame de ces écoliers victimes des prêches incendiaires d'imams payés par l'Etat, victimes des écrits racistes et intolérants de médias soutenus par le régime, victimes des gabegies répétitives de gestion des espaces et des patrimoines, victimes aussi du silence de l'élite à qui, même quand elle ose prendre la parole, le régime tourne le dos.


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