Oran - Revue de Presse

Crèmes, lunettes de soleil…



Les produits contrefaits envahissent les marchés Appâtés par leurs prix de vente dérisoires et ignorant tout des conséquences néfastes qu'entraîne leur utilisation, nombre de jeunes et moins jeunes achètent des lunettes de soleil chez les revendeurs installés dans les marchés informels.

Proposés entre 200 et 300 dinars la paire, ces lunettes sont «écoulées comme des petits pains en période estivale», a confié un revendeur installé dans le faubourg M'dina Jdida, qui a également fait remarquer que «nombreux sont les clients qui n'ignorent pas la maladie à laquelle ils s'exposent ainsi en argumentant la cherté des prix proposés par les boutiques spécialisées». Notre interlocuteur a révélé aussi que «certains gérants de ces boutiques n'hésitent pas à s'approvisionner auprès du même fournisseur en produits de contrefaçon que le nôtre pour le fourguer à 10 fois, voire plus de son prix réel d'achat». Un opticien de la place d'Oran explique que «la maladie s'annonce à travers des rougeurs, qui font leur apparition sur la pupille et des picotements dans les yeux en s'exposant au soleil. Si le sujet ne consulte pas immédiatement un ophtalmologue, son état s'aggrave automatiquement». Le même constat est établi pour les crèmes et autres écrans solaires provenant de la contrefaçon. A Oran, en plus des revendeurs à la sauvette et des magasins versés dans la vente du cosmétique, ce produit prohibé est même proposé dans certaines officines. Ce produit contrefait va soit reprendre les éléments caractéristiques du produit original (il va essayer de lui ressembler quant à l'étui, au flaconnage, l'odeur), soit reproduire l'intégralité du produit original. Aujourd'hui, on peut distinguer, dans un grand nombre de cas, un produit contrefait d'un produit original. Il existe, par exemple, des fautes d'orthographe, des différences de couleur, surtout des différences de qualité d'impression, des étuis, de graphisme, qui permettent de faire la distinction. La première victime de ces produits demeure en général la femme. Nos étalages sont de plus en plus garnis de produits contrefaits, au grand dam des autorités, nos souks populaires deviennent la destination privilégiée des petites bourses à la recherche de produits de bien-être et de beauté tels qu'un maquillage, une crème hydratante, une crème antirides ou encore des produits amincissants, voire même depuis quelques années des médicaments(corticoïdes) destinés à certaines jeunes filles recherchant des rondeurs fatales. «Je ne dispose pas des moyens financiers me permettant d'acheter ma crème chez un pharmacien», a affirmé une étudiante abordée dans un magasin proposant des produits cosmétiques provenant du marché informel. Toujours est-il que tout cet arsenal de produits contrefaits est à l'origine de réactions sur la peau qu'un traitement dermatologique (allergies, brûlures, taches brunes, acné…) coûterait 4 à 5 fois plus, parfois des séquelles esthétiques définitives et psychologiquement déprimantes comme les vergetures. La contrefaçon ne s'arrête pas au parfum cosmétique dont souffrent les Européens, mais s'étend ces dernières années aux produits dits cosmeceutiques comme les crèmes écran solaire. Cette tendance va crescendo en Algérie notamment chez certains commerçants qui n'hésitent pas à jouer avec la santé du citoyen. Il faut rappeler que ce type de crèmes est censé protéger la peau des estivants contre les risques d'une exposition exagérée au soleil avec toutes les conséquences désastreuses que cala peut engendrer (cancer). Non seulement on peut mais on doit lutter contre la contrefaçon. Cette lutte suppose une coopération étroite entre les entreprises et les autorités notamment les services douaniers, à la fois dans les pays qui sont destinataires de produits de contrefaçon mais aussi, et surtout, dans les pays «exportateurs». La cosmétovigilance est une loi régissant l'ensemble des moyens de surveillance des effets indésirables résultant de l'utilisation des produits cosmétiques. Elle s'exerce sur la totalité des produits cosmétiques après leur mise sur le marché. Ce système doit être organisé autour de trois acteurs : les autorités sanitaires, les professionnels de la santé (médecins, pharmaciens, etc.) et les responsables des marques (les fabricants). La sécurité et le bien-être du consommateur sont au cÅ“ur de leurs préoccupations.

 A titre indicatif, chaque année, on enregistre dans le monde entre 2 et 3 millions de cancers de la peau autres que les mélanomes et approximativement 132.000 cas de mélanomes malins. Un cancer diagnostiqué sur trois est un cancer de la peau. Aujourd'hui, en Amérique du Nord, une personne sur cinq est appelée à développer une forme ou l'autre de cancer cutané; depuis le début des années 70, rien qu'aux Etats-Unis l'incidence du cancer de la peau a augmenté de 4% par an. Un spécialiste a fait remarquer que «selon son type de peau, une personne est capable de supporter une certaine exposition au soleil. Au-delà, le risque de développer un mélanome devient plus important. Deux mélanomes sur trois sont liés à une exposition au soleil trop importante par rapport au type de peau. Cette proportion est plus élevée chez les personnes à peau claire. Plus ils sont nombreux, plus le risque de mélanome est important. Lorsque le nombre de grains de beauté est supérieur à 50, le risque est multiplié par 4 à 5».

 Et si, en plus de cela, on utilisait des produits contrefaits…


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)