
Dans l'antique Numidie morcelée, deux rois en concurrence se regardaient en chiens de faïence, Syphax qui fut roi de Siga (près de Aïn-Temouchent) à l'Ouest et Massinissa roi de Cirta (Constantine) à l'Est, le premier s'allia à Carthage et conquit Cirta, le second demanda l'aide de Rome, retourna la situation en sa faveur et prit Siga. Il ressort de la lecture de la profonde histoire d'Algérie, qu'il a été toujours question de morcellement du pays et d'alliance avec l'étranger contre son frère utérin et souvent contre son frère siamois, que ce soit avec Rome, Carthage ou avec d'autres suzerains qui suivront plus tard. L'égoïsme, l'intérêt personnel, l'avidité d'assujettir les autres, la traitrise et l'intelligence avec l'étranger rendent ces peuples qui portent en eux, selon Malek Benabi, les facteurs de la «colonisabilité», soumis à leurs maitres et résignés à la fatalité. Il en est de même à l'échelle des petits bourgs perdus dans les tempêtes poussiéreuses et écrasés par un soleil de plomb, où la malédiction est partout visible, dans les esprits fossilisés, dans les comportements sauvages et animaliers et dans les attitudes de meute grégaire, inapte et incapable de bâtir quoi que ce soit, mais efficace dans le nécrophage et l'équarrissage. Elevés dans l'école des complots et des coups bas, dans l'opportunisme et le mercantilisme, dans l'informel légalisé ou illicite, toujours à l'affut de la discordance et des voix qui ne chantent pas la fausse mélodie de leurs maitres. Figés dans leur monde révolu, ils croient en leur mensonge et vêtent un passé qui n'a jamais eu lieu. Ils se nourrissent et s'abreuvent de l'héritage de ceux qui n'ont rien possédé avant leur départ. Leurs verbes limités, ressassés et ânonnés mécaniquement, trahissent l'hypocrisie qui les façonne. Donneurs de leçons, conseilleurs mais jamais payeurs, courtiers et maquignons en marchandises périmées et frelatées et rarement étalées à la lumière du jour, dépourvus de vision multi-chrome, ils lui préfèrent le noir obscur. Leur seul but est de tisser une toile en ragots chauds qui se moule en outrages et invectives contre leurs «ennemis» désignés. Il est difficile pour eux de croiser les idées, ils ne pensent pas, ils ne réfléchissent pas, ils n'analysent pas, leurs synapses neuronales sont pauvres en dendrites. A voir où vont les choses et à ce train, ces gens-là, les qualifiés es-dénigrements : ont encore l'avenir devant eux, malheureusement ! N'a pas menti celui qui avait dit : Nul n'est prophète en son pays.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ahmed Farrah
Source : www.lequotidien-oran.com