
Au c'ur du centre-ville d'Oran se trouve un café pour le moins spécial. Un café où il fait bon y être, et où surtout de la bonne musique, principalement le jazz, est proposée. Il s'agit, bien entendu, du café Indigo, celui qui se trouve au centre commercial Al Anik, à la place Hoche.Situé au troisième étage de cet établissement commercial, quand on y arrive, on est attiré par les notes de piano peints sur la baie vitrée. Une petite terrasse y est aménagée, où hommes et femmes, accros au café, s'adonnent à des papotages et autres badinages en tous genres. Ce n'est qu'une fois avoir pénétré dans l'enceinte d'Indigo qu'on a l'impression de voyager à travers le temps et l'espace, pour se retrouver dans un quelconque piano-bar de Brooklyn ou de Manhattan, et de surcroît dans les années 50'. D'abord, nos oreilles ne sont pas agressées par ces musiques contemporaines, occidentales ou orientales, les unes plus tonitruantes que les autres.Au contraire, de la «bonne musique» est proposée : du Fred Aster, Louis Amstrong, ou autres Col Porter. Sur les murs, ainsi que sur le plafond sont placardés, en vrac, des disques 33 tours, histoire de donner le ton, et à un coin du café, celui du fond, une scène est aménagée. «Je tiens à rassurer les Dj qui me prennent pour un vandale que les 33 tours accrochés au plafond sont illisibles», nous dira, non sans humour, Sofiane Abbar, le gérant de cet établissement.De temps à autre les habitués d'Indigo ont la chance de pouvoir visionner, en sirotant leur café-crème, des vidéos en noir et blanc, projetées par data-show, où on y voit, en boucle, les grands noms du jazz. Mais qu'on ne s'y méprenne pas : pour omniprésente que soit cette musique, Indigo n'ambitionne pas de devenir un club de jazz'mais juste «un petit coin sympa», où les potes peuvent venir apprécier de la bonne musique tout en prenant leur café.Ça jazze dans la chaumière«Devenir un club de jazz en Algérie est une utopie, nous dira Sofiane, mais nous y travaillons.» En vérité, c'est en 2007 que cet établissement a ouvert ses portes. Seulement il s'est fait connaître, et de facto ne s'est imposé que depuis l'année 2013 quand son gérant, aidé par quelques gais lurons, a décidé d'en faire un espace dédié à la culture. «La particularité d'Indigo est qu'il compte sur la culture et l'ambiance bon enfant, et non sur le m'as-tu-vu, de plus en plus en vogue actuellement à Oran», nous dira-t-il, avant d'ajouter : «A Oran, il n'y a pas de scène jazz.C'est-à-dire pas assez de musiciens ?'jazziques pour assurer des shows tous les jours et dans plusieurs établissements. Donc, pour l'instant, on se contente de promouvoir ce style autant que faire se peut en organisant des concerts ou en passant des vidéos.» Et de donner pour exemple le concert organisé à Indigo par un collectif musical de l'association «Fid !» le 15 mai dernier, qui était plutôt une réussite. «Il comptait plusieurs morceaux jazz.Les gars ont travaillé pendant deux mois pour ça. Bravo à eux !» Chez Indigo, la mixité est de mise et la clientèle plutôt jeune : principalement des étudiants, mais encore des artistes en tous genres : musiciens, plasticiens, comédiens. Son point salutaire est que les prix des consommations restent plus ou moins abordables. «Vous savez, actuellement, il est très facile pour les gérants de café de faire de bonnes affaires en surfant sur la vague du narguilé (chicha) et d'avoir une clientèle friquée qui paye 300 DA la canette de soda.Mais c'est au détriment de l'ambiance. Ici, nous n'avons pas de chicha et la consommation est trois fois moins chère. Mais nous avons une ambiance irremplaçable grâce à nos clients.» A cela, c'est surtout les manifestations culturelles que propose Indigo qui lui ont taillé sa belle réputation. «Depuis deux ans, nous essayons de rester sur une cadence d'un concert par mois, et cela sans compter la musique que jouent librement certains artistes quotidiennement. Presque tous les styles musicaux ont été représentés sur notre scène.Le jazz avec le collectif de l'association Fid ! et Sarah Zighout. Le rap avec TOX, Xenos, Abrasax, Bad-id... Le rock avec les Dream Project, Nello... La variété avec les s'urs Dermech. Le flamenco avec Yacine Bouha. La pop avec Threeone et leur chanteur Fares Loun. Dj Chakour et Dj Salah qui ont assuré un show avec de vrais vinyles à l'ancienne. Nous n'organisons pas que de concerts, il y a aussi des one-man-shows, notamment avec Walid Cherifi et Zinou Smaïn.Les Drôles-Madaires ont animé deux shows d'improvisation chez nous ce Ramadhan. Ils sont super drôles et très professionnels. Nous avons organisé aussi des cafés littéraires avec Brahim Hadj Slimane, des tournois de scrabble, des jeux de société et des jeux vidéo. Petit clin d''il à tous les loups garous de Thiercelieux et aux animateurs.» Pour la prochaine rentrée sociale, le café veut accélérer la cadence : un concert et un documentaire par jour. Rien que cela ! «Chaque jour de la semaine sera réservé à un style musical. Nous prévoyons aussi des soirées karaoké et des animations, une petite bibliothèque et un ciné-club.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Akram El Kébir
Source : www.elwatan.com