Alors qu'un accord a été trouvé pour satisfaire les revendications des travailleurs, la direction turque du complexe, contre toute attente, décide de sanctionner les grévistes.Que s'est-il réellement passé au complexe sidérurgique Tosyali, implanté à Bethioua, à une quarantaine de kilomètres d'Oran, de lundi à mardi, pour que les Turcs décident d'arrêter la production et de menacer de partir ' Des informations relayées sur des sites électroniques affirment que des travailleurs algériens, munis d'armes blanches, ont menacé des cadres turcs. Des allégations catégoriquement démenties par les travailleurs qui contestent cette version des faits.
Pour Bekkadoury Amine qui, rappelons-le, était parmi les trois grévistes de la faim au lendemain de la grève ouverte, décidée le 25 mars dernier, par les travailleurs algériens du complexe, la situation semblait se diriger vers l'apaisement puisque le débrayage avait pris fin lundi dernier avec les promesses de l'administration de satisfaire la plateforme des revendications du personnel algérien. "On s'est mis d'accord sur une prime annuelle de 72 000 DA, sur celle de l'Aïd de 40 000 DA, sur les CDI après une année de contrat, ainsi que sur l'élection d'une nouvelle section syndicale", indique notre interlocuteur.
Pourtant, le jour même de la reprise du travail, comme l'explique Bekkadoury Amine, les managers turcs ont commencé à faire dans la provocation, les menaces et le chantage, ciblant les anciens grévistes. Mardi, tout s'accélère, toujours selon notre interlocuteur, six travailleurs sur fil machine ont vu leur badge désactivé, en parallèle, le responsable turc des moyens généraux affirme que les 450 employés de son service ne seront pas reconduits et que Tosyali a décidé de confier ce secteur à une société de sous-traitance. Les agents de sécurité et les employés des moyens généraux observent alors un rassemblement pour protester contre les mesures turques et, devant la désertion des postes de garde, les Turcs ont décidé d'arrêter la production, arguant de l'absence de sécurité. "Il n'y a eu aucune agression, ni arme blanche", affirme encore Bekkadoury Amine, qui estime que l'initiative turque n'est, en fait, qu'un moyen de pression sur les autorités algériennes.
Jeudi dernier, une délégation officielle comprenant des représentants des ministres de l'Industrie, du Travail, de l'Inspection du travail de wilaya et régionale, ainsi que le directeur de wilaya de l'industrie s'est déplacée sur place où elle s'est entretenue avec les deux parties. Pour le moment et alors que le dossier est à Alger, la production reste à l'arrêt et les travailleurs turcs sont toujours dans leur hôtel, à l'intérieur du complexe.
Par ailleurs, des informations font état de la probable implication de Tosyali dans les affaires de corruption qui ont touché certains hommes d'affaires algériens, déjà sous les verrous.
S. O.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S O
Source : www.liberte-algerie.com