Mondialiste convaincu, cet actuel directeur du cabinet SADCI (Système d'analyse et de développement de la capacité institutionnelle) rappelle d'abord les objectifs pour lesquels a été créée l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui se résument à «mettre les pays d'accord afin d'abolir tous les obstacles qui entravent les échanges commerciaux et donc, à terme, d'aboutir à un seul marché».L'optimisme de l'économiste français s'inspire du «Doing Business», le rapport annuel de la Banque mondiale, qui fait état de ces «dizaines de pays traditionnellement non développés qui enregistrent de plus en plus de progrès».
Quel chef d'entreprise ne souhaite pas étendre au maximum sa clientèle ' Mais cette propension à considérer «la population du monde comme une clientèle potentielle» est notamment remise en cause par les partisans de la protection de l'environnement qui tiennent compte du coût en carbone lié au transport des marchandises, d'où l'intérêt qu'on accorde aujourd'hui aux circuits courts. N'empêche, le commerce mondial a beaucoup évolué et l'intervenant rappelle que «les droits de douane qui étaient en moyenne de 75% sont passés aujourd'hui sous la barre des 15%».
La globalisation, qui n'est pas encore tout à fait acquise, est néanmoins une réalité, mais les pays n'entrent pas à armes égales, car «être en concurrence avec le monde entier» exige des connaissances et des savoir-faire qui, eux, ne traversent pas aisément les frontières. C'est pour cela qu'Alain Tobelem accorde un intérêt particulier à la recherche et développement, en incitant les entreprises algériennes à investir dans la connaissance. «Ce que je suis, c'est bien, mais ce n'est jamais suffisant», indique-t-il, sachant que le pays s'apprête à rejoindre l'OMC.
L'avantage aujourd'hui est que grâce aux nouveaux moyens de communication (internet), les connaissances sont de plus en plus accessibles avec un coût moindre et à une vitesse de plus en plus importante. Mais celles-ci deviennent également très vite obsolètes, d'où l'intérêt d'une actualisation permanente. «Nous sommes, indique-t-il, condamnés à apprendre tout le temps et les jeunes d'aujourd'hui doivent, pour leur parcours professionnel, se préparer à changer maintes fois d'entreprise, de poste, etc.». Il voit même dans la globalisation un moyen de lutter contre la pauvreté.
Difficile à admettre quand on tient compte des scandales qui ont entaché les multinationales qui exploitent les enfants et les femmes dans certains pays sous-développés. A cela, le conférencier oppose la nécessité d'établir des règles communes car, pour lui, la finalité doit être l'accès au développement et le bonheur des individus où qu'ils soient sur la planète. D'un autre côté, la tendance au protectionnisme d'un pays ultra-libéral comme les Etats-Unis traduit un certain malaise dans cette globalisation.
A une échelle réduite, Alain Tobelem compare la mondialisation à ce qu'a réalisé l'Union européenne, une aventure entamée justement avec l'instauration d'un marché commun. Mais là aussi les tensions existent au sein même de cet espace, où les citoyens ne sont pas tous et pas toujours satisfaits. Intervenant au nom du FCE et en marge de la conférence, Brahim Benabdeslam, vice-président du Forum, plaide pour une concertation continue avec les pouvoirs publics, mais pas uniquement au niveau central, car c'est au niveau local que l'entreprise algérienne agit. «La tripartite, c'est bien pour la télévision, mais c'est une concertation permanente que nous voulons, car le développement se joue à l'échelle locale», s'insurge-t-il.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamel Benachour
Source : www.elwatan.com