Quand la poésie arabe se marie à la musique électronique
Une nouvelle fois, la Palestinienne Kamilya Jibran fait escale au Caire où elle donnera deux concerts. A ses airs orientaux imprégnés de poésie, elle marie des sons électroniques.
Après un premier concert, donné il y a trois ans, elle revient pour une nouvelle expérience musicale avec notamment le musicien suisse Werner Hasler, un concert le 17 juillet au théâtre Guéneina, pour un projet commun intitulé Wamid (étincelle). Réalisé en 2004, ce projet repose sur l’exploitation de la musique électronique permettant une manipulation sonore plus large à travers le synthétiseur, les échantillons sonores enregistrés, et son interférence avec la musique instrumentale représentée par le oud (luth oriental). Cette fusion rythme, par la suite, les paroles tirées de la poésie arabe contemporaine signée par le Libanais Jibran Khalil Jibran, la Syrienne Aïcha Arnaout, la Jordanienne Sawsan Darwaza ou l’Iraqien Fadhil Azzawi ... Jibran et Hasler se sont rencontrés en 2002 à Berne. Lui, venait du jazz et avait la réputation de « trafiqueur de sons électroniques «, et elle, sortait d’une longue collaboration avec le groupe arabe Sabreen, commencée en 1982. Ils se sont retrouvés dans une certaine frénésie électronique, colorant leur aventure. Douce brune, aux cheveux courts, toujours penchée sur son luth, elle passe du murmure au cri, maîtrisant complètement une voix aussi profonde que sensuelle. Originaire de Galilée, Kamilya Jibran est née en 1963, dans une famille d’artistes orthodoxes d’origine grecque. Ainsi a-t-elle subi des influences multiples, à commencer par les chants byzantins de l’église du village et les cantilènes du Coran dont son père raffolait. Son père, Elias Jibran, a été confectionneur de luth, son frère aîné Khaled Jibran est devenu plus tard joueur de oud, de bouzoq et fondateur du centre Urmawi pour la musique du Machreq. Grâce à la radio Sawt Al-Arab (La voix des Arabes), elle découvre le répertoire égyptien classique avec la diva Oum Kalsoum et, plus tard, dans les années 1970, les chansons engagées du Libanais Marcel Khalifé. A 19 ans, elle rejoint le groupe palestinien Sabreen qui chante le destin palestinien, mais dans un langage soigné en évitant des mots comme « guerre «, « pierres « ... Elle y introduit, en outre, des textes de poètes palestiniens tels Mahmoud Darwich et Fadwa Touqan, ainsi que les textes du poète et romancier Hussein Al-Barghouti qui a accompagné le groupe jusqu’à sa mort en 2003. Invitée en 2002 par la fondation du gouvernement suisse, Pro Helvetia, pour une résidence artistique de deux mois, elle a débuté dès lors sa collaboration avec Werner Hasler, musicien de jazz formé à la Swiss Jazz School de Berne. Ils ont créé ensemble la performance visuelle et sonore Mahattat (stations). Depuis, elle s’est lancée dans ses recherches reposant sur le mariage des sons acoustiques, de ses chants, et de son oud avec le jazz et la musique électronique. Installée depuis cinq ans entre Paris et Berne, des thèmes comme le dépaysement, la répression, la fuite, les rêves du retour ... percent dans ses chansons.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com