Les organes de contrôle aux abonnés absents
Au premier jour du Ramadhan et contrairement à l’idée que l’on se fait d’eux, au marché Sidi Okba de M’dina Djedida, considéré par beaucoup comme étant le ventre de la bonne ville d’Oran, ce sont les commerçants qui réclament la présence des services de contrôle, à leur tête la DCP.
Hier, à l’occasion d’une tournée dans cette importante enceinte commerciale, de nombreux commerçants nous ont abordés pour nous faire-part de leur inquiétude devant l’absence prolongée et inexpliquée des organes de contrôle et en premier lieu la DCP. Cette longue absence nous a également été confirmée par les responsables du marché. Selon nos sources, il y a longtemps que les agents de la DCP n’ont plus effectué de tournée ni procédé au contrôle, une mission qui constitue pourtant leur raison d’être. Devant cette absence, que beaucoup qualifient de prévarication, presque plus personne ne respecte la loi. Ceci fait qu’aussi bien le marché, les quelques commerçants respectueux de la réglementation et leur clientèle sont livrés au diktat d’une mafia qui ne dit pas son nom. En effet, à l’exception de quelques rares commerçants, la plupart des autres refusent d’afficher les prix des produits qu’ils exposent à la vente et lorsqu’un client se présente, le prix varie selon le faciès. Ainsi, si vous portez costume, cravate et lunettes, le pot de moutarde ou de mayonnaise que le commun paie 80 dinars vous est facturé 100-120. Il en est ainsi partout parmi les milliers de revendeurs du circuit informel et souvent même de commerçants ayant pignon sur rue. Concernant la qualité des produits et le poids, c’est carrément l’arnaque publique, manifeste et à grande échelle. Pour preuve, ces boîtes de concentré de tomates de 380 grammes que beaucoup utilisent comme poids pour peser, au vu et au su de tous, un demi kilo de pruneaux, de margarine, de raisins secs ou de pois chiches. Côté hygiène, il faudra repasser. Hier, il a suffi de quelques gouttelettes de pluie automnale pour que le marché se transforme immédiatement en une immense patinoire où de nombreuses chevilles ont été soumises à rude épreuve. Du côté des bouchers, c’est l’éternelle pagaille. A de rares exceptions, l’écrasante majorité des gens de la corporation n’ont pas de certificat vétérinaire garantissant la qualité et la provenance des produits qu’ils commercialisent. Ainsi, hier, il n’y avait qu’un seul commerce où des poulets étaient emballés dans du cellophane avec, bien en évidence, un certificat vétérinaire du 24 septembre -péremption le 26 du même mois- garantissant leur provenance et leur qualité. Plus grave encore, en dépit de son interdiction et les campagnes menées pour sensibiliser commerçants et consommateurs à la dangerosité de sa pratique, de nombreux bouchers proposent à leur clientèle d’importantes quantités de viandes préalablement hachées, exposées à l’air libre. Du côté des marchands de bouzelloufs et abas, c’est miracle s’il n’y a pas d’hécatombe parmi la gent féminine qui en raffole. Au pavillon poissons et produits de la mer, la situation n’est guère plus reluisante. Ici aussi, l’hygiène est la denrée la plus rare. Ceci fait qu’aussi bien les marchands que leur clientèle pataugent dans un véritable bourbier. Toujours à propos d’hygiène, des bouchers nous ont expressément demandé, hier, de faire parvenir leur cri à l’APC d’Oran à laquelle ils demandent d’alimenter le marché en eau et d’entreprendre les travaux d’entretien, de réparation et de rénovation que nécessite la situation de cette importante structure. Au fait, où sont donc passées la DCP, l’association de protection et de conseil des consommateurs et l’importante armada de fonctionnaires grassement payés pour veiller sur la qualité des produits, le respect des lois, la régulation du marché et la protection du consommateur? Hier, au premier jour du Ramadhan, elles étaient toutes aux abonnés absents et c’est dommage.
M. Nemili
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com