Une bombe à retardement
Contrairement à l’hiver où les gens préfèrent les mets consistants, l’été est la saison des repas légers. Ces habitudes culinaires que l’on observe un peu partout et plus spécialement dans les pays du bassin méditerranéen font que durant la saison estivale, les populations de cette aire consomment beaucoup de poissons, de crudités, de fromages et de glaces.
L’été étant aussi la saison la plus propice aux maladies à transmission hydrique et ces produits étant classés parmi les plus sensibles et nécessitant des soins particuliers pour leur préparation, conditionnement, transport, conservation, commercialisation et utilisation, il y a de fortes probabilités pour que des intoxications alimentaires et peut-être même des morts d’hommes aient lieu, en raison de l’inobservation de ces mesures et des règles de l’hygiène alimentaire. En effet, que vous alliez à la Pêcherie d’Oran, au marché Michelet, à la rue des Aurès ou ailleurs, c’est le même spectacle qui s’offre à vous ; les poissons sont la plupart du temps exposés au soleil dans des cageots dégoulinants de saleté et souvent aussi, comme c’est le cas rue des Aurès, à même le sol où ils voisinent avec les détritus et des nuées de mouches. Parce qu’ils sont extrêmement sensibles et immédiatement périssables, les produits de la mer doivent obligatoirement faire l’objet de soins particuliers avant d’être livrés aux consommateurs. A Oran, on a l’impression que cette notion constitue le dernier souci de la plupart des mareyeurs et poissonniers. Ainsi et exception faite d’une poignée de gens de la profession, les autres, tous les autres, ne disposent ni des équipements nécessaires à la conservation et au conditionnement du produit ni même de locaux appropriés pour la saine pratique de ce commerce.
Jadis réglementé et son commerce soumis à un cahier des charges rigoureux, le poisson est de nos jours vendu de jour comme de nuit dans des conditions exécrables et qui favorisent sa putréfaction. Ce relâchement dans le respect de la réglementation, s’il continue, peut, à l’évidence, mettre en danger la vie des consommateurs non avertis. La prévarication des services chargés du contrôle de la qualité et de la répression des fraudes ne concernant pas que le commerce du poisson, puisque ceux non moins sensibles et à risques des viandes, produits laitiers et leurs dérivés se pratiquent dans des conditions non moins affreuses que celles réservées aux produits de la mer, une catastrophe peut survenir à tout instant. Pour la prévenir, l’implication de la société civile à travers les associations de conseil et de protection du consommateur, l’union générale des commerçants et artisans algériens, la DCP et les différents corps de sécurité devient impérative. D’autre part, parce qu’il s’agit d’une mission d’utilité publique et d’intérêt général, les médias dits lourds, chaînes radio et ENTV en premier devraient être mis à contribution pour mener des campagnes de sensibilisation contre les risques que l’inobservation des règles de conditionnement, de transport et de conservation peut faire encourir aux consommateurs et par voie de conséquence au pays. Les conditions dans lesquelles ces commerces sont pratiqués constituant une bombe à retardement, ces cris seront-ils entendus?
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com