Oran - A la une

Commentaire : Football Taïwan



Commentaire : Football Taïwan
Le football algérien est à l'article de la mort. La voie suicidaire qu'il emprunte depuis des années le conduit vers le néant. Ce qui s'est passé au cours des dernières journées de championnat, toutes divisions confondues, interpelle les consciences. Jamais la corruption, l'arrangement de matchs n'ont atteint le seuil de ce qui se passe cette saison. Le drame, c'est que cela se déroule devant tout le monde, au vu et su de tous ceux qui gravitent autour du football. Pire, personne ne peut rien faire.La complicité est générale. Sinon comment expliquer que des présidents arrivent à s'accuser mutuellement et en public de verser dans l'arrangement des matchs, qui plus est en assemblée générale de la Ligue de football professionnel (LFP), pour ne pas la citer, sans que personne ne dénonce cette dérive ou porte plainte ' Cette démission collective avait, aux yeux des «pourris», valeur de feu vert pour poursuivre l'?uvre dévastatrice et mortelle du football algérien.Beaucoup vont pointer du doigt le nouveau bureau fédéral, comme s'il était pour quelque chose dans ce phénomène qui ne cesse d'étendre ses tentacules depuis plus de deux décennies. Le président Kheireddine Zetchi et l'équipe qui l'accompagne sont à la fédération depuis moins de 3 mois. Ils subissent une situation qui existe depuis bien longtemps.Qui est antérieure à leur arrivée aux commandes de la fédération. Leur devoir est de tout faire pour enrayer cette effrayante machine qui finira par broyer totalement le football, si elle n'est pas combattue à tout instant et sans répit. Dorénavant, le football algérien renvoie l'image hideuse d'un sport où la morale n'a plus de place, où des voyous, des individus sans foi ni loi font régner l'ordre de la terreur. Aujourd'hui, plus personne n'ose prétendre que la corruption et l'arrangement des matchs sont une vue de l'esprit ou le résultat de l'imagination fertile de journalistes.Tout le monde a vu et sait comment se sont passées les deux dernières journées du championnat de Ligue 1. Ne pas réagir signifie cautionner l'innommable. La fédération et ses démembrements, les ligues en premier lieu, doivent monter au front pour combattre ce fléau qui a pris des proportions alarmantes, faute d'avoir été combattu, éradiqué dès le départ. Dans un pays qui se respecte, avec des institutions jouissant d'une légitimité que nul ne peut contester, cela ne se passe pas comme ça.Les coupables seront poursuivis, traduits depuis les juridictions compétentes et au besoin définitivement radiés du mouvement sportif national. L'image d'un club professionnel, le MO Béjaïa, contraint à abandonner le terrain au motif que 5 de ses joueurs se sont blessés en cours de partie, est le résumé de la déliquescence avancée dans laquelle se trouve le football. Il y a quelques mois, le MOB a dignement représenté l'Algérie en Coupe de la Confédération, où il a atteint la finale.Condamné à la relégation depuis plusieurs journées, le club populaire de Béjaïa n'a pu rassembler 18 joueurs valides pour honorer son contrat moral avec la compétition et surtout ses couleurs et son passé. Ce malheureux épisode est le miroir du football algérien. Feu Kacem Elimam, ancien président du MC Oran, avait qualifié le championnat en Algérie de «compétition Taïwan». Il ne croyait pas si bien dire. Le temps lui a donné raison.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)