Le ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur chargé des Collectivités
locales, Dahou Ould Kablia, a reconnu, hier, lors de son passage à l'émission
«Tahaoulat» de la chaîne 1 de la radio nationale, que le maire et l'élu auront
plus d'autonomie dans la gestion de la commune, conformément au nouveau code
communal qui sera présenté dans les prochaines semaines au conseil du
gouvernement. Mais cette autonomie n'est pas absolue. Dahou Ould Kablia a
insisté sur le fait que «la commune est une continuité de l'administration ou
plutôt un prolongement de l'autorité de l'Etat», précisant que le maire ne peut
décider des projets en dehors de la politique générale de l'administration. Il
a précisé que plusieurs modifications ont été apportées dans ce sens, au cours
de conseils interministériels, sur l'avant-projet du nouveau code communal
présenté par le ministère de l'Intérieur, justement, pour trouver un équilibre
entre l'autorité de l'élu et celle de l'administration. Le ministre délégué a
expliqué que dans cet équilibre entre le pouvoir de l'élu et celui de l'Etat,
le citoyen trouvera son compte.
Pour Dahou Ould Kablia, la
nouveauté dans ce code est la transparence totale. Il ajoute que le code
prévoit la présence des représentants de la société civile et de syndicats dans
le conseil communal, au cours d'une session qui sera programmée une fois chaque
année. Il poursuit en disant que la société civile a le droit de proposer et de
débattre un projet d'intérêt général, précisant toutefois que la décision
suprême revient à l'élu de la commune. «Le maire doit étudier les demandes des
citoyens et prendre en compte leurs préoccupations, mais les décisions lui
reviennent de droit», a-t-précisé. L'autre nouveauté à laquelle fait référence
le ministre délégué est le statut de l'élu et le statut du maire, un statut qui
leur garantit plus de protection pour ce qui est du régime indemnitaire. Dahou
Ould Kablia souligne que le président de l'APC ne sera élu que s'il obtient un
nombre de voix absolu des membres de l'assemblée. Pour le ministre, les élus de
l'APC doivent initier des projets rentables, afin de se ressourcer. Il précise
que le code leur permet d'avoir des prêts bancaires. Il explique que le prêt
bancaire accordé à la commune pour tel ou tel projet peut garantir la
rentabilité du projet «parce que la banque est obligée d'effectuer son enquête
de rentabilité avant l'octroi du crédit».
Pour ce qui est de la question
relative à l'amélioration des recettes de l'APC à travers le paiement des
impôts, Dahou Ould Kablia indique que le projet de réforme de la fiscalité
locale n'est pas encore prêt. «Le dossier est toujours en étude», a déclaré le
ministre.
Interrogé par la journaliste de
la chaîne 1 sur la possibilité de faire appel à la garde communale pour la
création de la police de chasse, d'urbanisme, de l'environnement, il répond
clairement : «C'est encore trop tôt». Il explique «la question n'a pas été
encore tranchée, il faut savoir que la garde communale est toujours sous la
coupe du ministère de la Défense, elle a été créée spécialement pou lutter
contre le terrorisme. On ne peut pas les retirer rapidement et les injecter
dans d'autres missions qui nécessitent un certain niveau d'instruction et de
connaissance». Il ajoute que l'idée est de prendre les éléments qui ont un
niveau scolaire un peu élevé pour les orienter vers des formations d'ordre
urbanistique, commercial, environnemental ou autre. Il conclut «cela demande un
peu de temps».
Un contrôleur financier pour combattre la corruption
Dahou Ould Kablia a affirmé que
les APC et les élus trouvent, aujourd'hui, des difficultés pour tricher, ou
pour réceptionner du matériel, du mobilier et des équipements qui ne sont pas
déjà inscrits dans le programme de la commune. Il précise que tous achats et
toutes transactions ne peuvent se faire sans un contrôle externe. Le gouvernement
a instauré un nouveau système de gestion des finances applicable à toutes les
institutions de l'Etat : «Tout doit passer par le contrôleur financier du
ministère des Finances. Il contrôle a priori toutes formes de dépenses». «C'est
simple, la commune doit dépenser en fonction de son budget», dira Ould Kablia
qui ajoute que «ce contrôle permet d'éviter les dérapages et le cumul de la
dette».
10 communes souffrent encore de blocage
Le ministre délégué des
Collectivités locales a affirmé que sur 50 APC «bloquées» ou qui ont connu des
litiges à la suite des élections municipales en 2007, 10 communes seulement
souffrent encore de blocage. Mais pour Dahou Ould Kablia, il s'agit de petites
communes qui comptent entre 7 et 11 sièges, et où chaque parti a un seul siège,
à l'exception de la commune de Bordj Menaïel. Interrogé sur l'éventualité de
recourir à leur dissolution, le ministre délégué répond que ce n'est pas
nécessaire puisque ces APC fonctionnent. «A vari dire, elles ne souffrent pas
d'une paralysie totale», conclut-il.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M Aziza
Source : www.lequotidien-oran.com