Grave dérive que ces propos pour le moins irresponsables, franchement racistes et régionalistes, tenus au détour d'une émission qui se voulait à caractère littéraire sur les ondes de la radio nationale Chaîne III, vendredi, à partir de ses studios d'Oran, pour coller à l'événement du moment : la tenue dans la capitale de l'Ouest du GNL16. Invité pour parler de la ville d'Oran, passé, présent et dans son devenir, un des participants à l'émission ' un président d'association présent au studio pour le débat, aux côtés du président de l'APC d'Oran (historien de formation) et d'une romancière venue présenter un livre passionnel sur la ville d'Oran ' s'est hasardé sur un terrain dangereux dans sa tentative de glorification de sa ville et des Oranais.On apprendra ainsi de la bouche de ce représentant de la société civile que les Oranais sont résolument ancrés dans la modernité dans leurs us et comportements sociaux, contrairement aux archaïsmes, aux fléaux du régionalisme, du tribalisme et autres manifestations de repli communautariste qui caractériseraient, selon cet observateur « averti » de la sociologie politique algérienne, tous le reste du pays. Oran serait donc, à ses yeux, le seul îlot de modernité, de l'exercice de la citadinité dans sa phase la plus accomplie dans une Algérie arriérée, plongée dans les abysses du Moyen-Age.Ce discours rappelle étrangement la rhétorique coloniale sur la société algérienne divisée en population autochtone « indigène » et en population d'origine européenne, et accessoirement algérienne, parmi l'élite acquise aux idées assimilationnistes que l'on considérait comme faisant partie du monde dit « civilisé ». On peut aimer passionnément sa ville, la défendre, l'idéaliser et prêter sa voix pour justifier des investissements engagés à la faveur de l'événement économique qu'abrite la ville d'Oran ' lesquels font polémique dans le pays au regard des sommes faramineuses dépensées en comparaison avec l'immobilisme et l'arriération caractérisant d'autres régions du territoire national.Cependant, il est inadmissible que des médias publics se fassent le relais d'une dangereuse propagande aux relents néocolonialistes. D'un nouveau code de l'indigénat, il reste à souhaiter que ce sentiment égocentrique ou ethnocentrique ' pour ne pas emprunter le même raccourci méprisant et sectaire qui tend à reléguer la majeure partie des Agériens au rang d'aborigènes ' qui veut faire d'Oran le centre de rayonnement de l'Algérie n'est pas le sous-produit d'une conviction partagée dans les cercles influents du pouvoir qui font de l'activisme tous azimuts afin de privilégier cette région du pays pour des considérations non pas de développement, mais bassement régionalistes.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Omar Berbiche
Source : www.elwatan.com