Oran - Revue de Presse

Cité de l'Amitié (batimat sardina) : Pénurie d'eau et factures salées

Cinq ans sans eau pour les occupants des étages supérieurs, une fois tous les dix jours pour ceux du rez-de-chaussée, disponible que dans le robinet de la niche pour tous les habitants des maisons de maître avoisinantes: c'est le calvaire dans lequel vivent les 152 familles habitant la cité de l'Amitié, appelée communément «batimat sardina», en référence à la conserverie datant de l'ère coloniale. Ce que n'arrivent pas à comprendre les nombreux habitants de cette cité, située dans la partie basse du quartier Eckmühl et réalisée en 1957, c'est la sourde oreille des responsables concernés qui ont été saisis à maintes reprises sur le manque de pression dans tout le quartier, mais qui n'ont pris aucune mesure salvatrice. Nos interlocuteurs, en expliquant cette situation, rappellent que leur cité était retenue parmi la dizaine d'ensembles immobiliers de la ville dans le cadre du programme pilote de réhabilitation, lancé en 2005. «Mais cette option n'est restée qu'au stade de l'intention du fait que leur cité ne fait pas partie de la vitrine d'Oran, étant donné qu'elle est à l'abri du regard de l'étranger», a déduit un ancien de la cité qui affirme que, depuis 5 ans, lui qui habite au 5e étage, ses robinets sont secs au point où il a même songé à arracher toute l'installation d'eau. Mais il s'accroche à un infime espoir de voir encore le précieux liquide arriver dans son appartement.

Par ailleurs, ce qui irrite encore plus ces habitants privés d'eau, c'est qu'ils reçoivent encore des quittances pour payer l'eau, souvent très salées et on leur rétorque que la location du compteur et les quelques primes à l'instar de celle de l'assainissement sont à la charge de l'abonné. «Assurément, mais à condition que l'eau coule», estiment les locataires. Par ailleurs, nos nombreux interlocuteurs signalent que l'agent chargé du relevé des consommations, passe rapidement et se suffit à mettre le chiffre zéro pour tous les abonnés. Comme seule et unique alternative, ils sont contraints de se rabattre sur les colporteurs d'eau, qui, en raison d'une demande accrue, ne peuvent pas répondre et souvent, ils sont contactés par téléphone pour un hypothétique approvisionnement. Les prix varient entre 100 et 200 DA la citerne et les locataires des étages supérieurs qui doivent transporter les jerricans jusque dans leurs appartements sont, vraiment, à plaindre. Quant aux camions-citernes de la compagnie des eaux, ils ne se déplacent qu'en moyenne de deux fois par semaine. «Mais, cette solution ne peut durer, car une autre existe et il suffit aux responsables de reconsidérer leur attitude vis-à-vis de notre cité», concluent nos interlocuteurs.

Par ailleurs, il est à signaler que de nombreux occupants ont gardé leur statut de locataires et versent régulièrement les loyers au compte de l'OPGI, alors que d'autres ont bénéficié, dans leur cadre de la cession des biens de l'Etat, en accédant à la propriété du logement. Du coup, la sempiternelle gestion des parties communes se pose et si les locataires estiment que l'entretien de ces espaces doit être à la charge de l'OPGI, cette dernière se dégage de ce fardeau en avançant que les copropriétaires doivent mettre la main à la poche.




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