
Lorsque le gérant du cybercafé d'El-Kerma est interrogé par la police, il a avoué avoir envoyé les messages, mais rejette une quelconque appartenance au groupe terroriste Daesh.Jaloux de son voisin qui a obtenu un visa que le consulat de France à Oran lui refusait, AM. Abderrahim décide de recourir au plus dangereux des subterfuges pour assouvir sa soif de vengeance. Il endosse l'habit du combattant ou sympathisant de Daesh pour envoyer à l'adjointe du consul, RM. Bernadette, des messages électroniques insultants et grossiers : "France de m...", "Consulat de m...", "Au nom de Daesh, nous allons vous massacrer" sont quelques-uns des e-mails que l'informaticien aigri a transmis à la responsable consulaire en février 2016 allant jusqu'à proférer des menaces d'attentat contre le championnat d'Europe de football qui s'était tenu du 10 juin au 10 juillet 2016 en France. Et pour que sa vengeance ait un sens, il doit incriminer R. Bahri, le voisin qui avait obtenu le précieux visa et déclenché en lui cette crise de jalousie. Gérant d'un cybercafé que Bahri fréquentait, il lui fut facile d'utiliser son adresse mail pour l'envoi des messages en question. Lorsque RM. Bernadette reçoit des images de l'étendard noir de Daesh et d'un corps décapité, les responsables du consulat se sentent menacés et décident de porter plainte. Une enquête est ouverte.Naturellement, R. Bahri est immédiatement interrogé, les mails ayant été envoyés depuis son propre compte. Le jeune homme nie être l'auteur des courriels et signale avoir confié à Abderrahim son adresse mail afin qu'il envoie une demande de rendez-vous pour un visa. Lorsque le gérant du cybercafé d'El-Kerma (c'est l'adresse IP de son ordinateur qui apparaît dans l'enquête) est questionné par la police, il avoue avoir envoyé les messages mais rejette une quelconque appartenance au groupe terroriste Daesh. "Je l'ai fait par jalousie. Le consulat a accordé plusieurs visas à Bahri et a rejeté ma demande. J'étais furieux", expliquera-t-il aux enquêteurs qui, en perquisitionnant dans sa boutique et son domicile, ne trouveront aucun indice laissant supposer une appartenance à un quelconque groupe terroriste. Il sera néanmoins arrêté en mars et inculpé pour apologie du terrorisme, selon l'article 84 alinéa 4 du code pénal, et de menaces, suivant l'article 284 du même code. Lors du procès, qui s'est tenu jeudi dernier au tribunal criminel d'Oran, AM. Abderrahim a réaffirmé que son intention n'était "ni criminelle ni terroriste, mais mue seulement par un sentiment de vengeance".Dans sa plaidoirie, l'avocat de RM. Bernadette et du consulat de France, qui se sont portés partie civile, a mis en exergue les répercussions que pareils actes portent aux efforts de l'Algérie pour améliorer son image au plan international. Affirmant qu'il y a eu un préjudice moral important, il a réclamé le dinar symbolique au titre de dédommagement.Le représentant du ministère public s'est lui contenté de déplorer que de tels agissements portent atteinte à l'islam et a requis dix ans de réclusion criminelle.Plus loquace, l'avocat d'AM. Abderrahim a adjuré la cour de remettre les choses à leur place et de ne pas voir de mal là où il n'y en a pas, en affirmant que Abderrahim ne présente pas de danger pour la société. Après délibérations, la cour condamnera AM. Abderrahim à cinq de prison ferme.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S Ould Ali
Source : www.liberte-algerie.com