A la reconquête du public
Depuis sa réouverture, le 19 janvier 2006, après une très longue période d’inactivité pour travaux, la cinémathèque d’Oran tente aujourd’hui, vaille que vaille, d’imaginer toutes les recettes susceptibles de lui faire regagner la confiance d’un public qui semble tourner le dos à cette salle qui, par le passé, lui a fait connaître de nombreux instants de bonheur.Affecté par une fermeture qui aura duré plus de dix-huit mois pour travaux de rénovation, dont le délai initial ne devait pas en dépasser quatre, le musée du cinéma d’Oran éprouve aujourd’hui toutes les peines du monde à reconquérir son public de cinéphiles qui, avec la fermeture de cet espace de détente et faute d’autres salles de spectacles décentes dans la ville, a vu ses rangs se réduire au fil des jours comme une peau de chagrin. Par pressentiment, lors du lancement de l’opération de rénovation de la cinémathèque, M. Boudjemaa Karèche, ex DG de la Cinémathèque algérienne, exprimait dans un entretien téléphonique sa crainte de voir le public « perdre le chemin de la salle «. Le temps nous a confirmé que son intuition n’était pas fausse. On ne se bouscule plus dans le hall de la cinémathèque, ou alors, sauf en cas d’événement exceptionnel, comme lors de la projection du dernier film de Bachir Derrais « Gourbi Palace «. Là aussi, d’aucuns affirmeront que l’affluence assez particulière lors de cette projection était due au tapage médiatique qui l’avait précédée sur le petit écran, par le biais de spots itératifs, et l’effet toujours positif de la programmation d’un film divertissant après la programmation d’une série de films consacrés à des événements qui font souvent appel à des souvenirs très douloureux. Si l’opération de rénovation a permis de relooker la cinémathèque et au public de suivre une projection dans des conditions confortables, même si l’équipement cinématographique s’avère aujourd’hui désuet et dénature la qualité artistique des œuvres présentées, les cinéphiles n’auront pas eu droit depuis la réouverture de la cinémathèque d’assister à la programmation d’œuvres majeures. Pour combler ce déficit, le musée du cinéma d’Oran a trouvé une parade en programmant un cycle de cinéma algérien avec, autant que faire se peut, la présence du réalisateur ou des comédiens du film. C’est ainsi que la réouverture de la cinémathèque a été marquée par la projection du film « El Manara « de Mustapha Hadjadj en présence du réalisateur, du scénariste et d’une comédienne. Cette formule sera également renouvelée pour la présentation de « La voisine « de Ghaouti Bendeddouche ou de « Douar de femmes « de Mohamed Chouikh. Durant le premier semestre, d’autres cycles de cinéma ont été programmés, notamment le cycle du cinéma indien en avril 2006 qui sera suivi une semaine après par un cycle de cinéma espagnol contemporain dans le cadre du 2e Festival espagnol à Oran. Pour juillet 2006, il est prévu un cycle cinématographique sur la guerre de libération intitulé «Les combattants de la liberté».
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com