La ville de Chetouane est souvent donnée en exemple par les urbanistes pour n'avoir pas su absorber les bidonvilles et maintenir une construction sociale adéquate. Pourtant, aujourd'hui à Chetouane, des bâtiments s'élèvent, des maisons sortent de terre comme des champignons, et le visiteur qui foule pour la première fois le sol de la ville de Chetouane croira que les habitants n'ont pas de problème pour se loger. Mais la masse est confrontée aux dures réalités pour l'acquisition de logement décent. Cela n'est pas seulement le cas à Chetouane, plusieurs autres villes du pays connaissent également ce problème. Mais qu'est-ce qui a engendré une telle situation ? Les années de terrorisme qu'a connues le pays serait le facteur prédominant de ce problème de logement. En effet, depuis le début des années 1990, il y a eu un exode massif des populations rurales fuyant le terrorisme vers les villes et particulièrement Chetouane. Cette migration n'a pas été sans conséquences. Chetouane a vu du coup le nombre de sa population augmenter pour atteindre aujourd'hui les 35.000 habitants. Un tel accroissement de l'effectif de cette ville a eu des répercussions au niveau de l'habitat. Aujourd'hui, c'est pratiquement le statu quo en matière de recasement. A ce propos, un élu de l'actuelle APC de Chetouane affirme ceci: «La situation de l'habitat précaire présente un véritable casse-tête pour nous les élus de la ville. La recrudescence de l'habitat précaire a atteint un niveau préoccupant, et ce malgré les nombreuses réalisations de logements sous différents statuts». Sur le front du logement, les élus de Chetouane sont en première ligne. Alors que la hausse des prix de l'immobilier décourage de plus en plus de candidats à l'accession à la propriété, et avec la pression foncière provoquée par le développement de l'activité économique, leurs permanences sont assaillies par les ménages mal logés. «Je ne peux plus sortir dans la rue sans être interpellé sur ce thème», constate un membre de l'exécutif de l'APC de Chetouane, dont le pouvoir d'attribution lui échappe complètement (l'attribution de logements est du ressort d'une commission de daïra). Et d'enchaîner que «les habitants ont raison de s'adresser à leurs élus. Mais ce n'est pas nous qui détenons les clefs de la distribution des logements sociaux». Se loger à Chetouane de nos jours n'est pas une mince affaire. «Il vous suffit de sillonner les agences immobilières pour voir la réalité. Non seulement le loyer des logements qu'on vous propose est élevé, mais en plus on vous demande plusieurs mois d'avance et une caution. Ce qui rend quasiment impossible l'acquisition de ce logement», déplore un habitant du bidonville de Haï El-Hamri. En outre, l'absence de vision des maires précédents serait la première responsable de la crise actuelle, estime ce citoyen. «Regardez ces grands bidonvilles de Haï El-Hamri, El-Haouch, El-Ouâar, Haï Zitoun, Djebel Aïn El-Houtz... qui ternissent aujourd'hui l'image de la ville de Chetouane, qui accueille aujour-d'hui une grande université», non dira un natif de la ville de Chetouane. Faudra-t-il en arriver à des sanctions dissuasives pour éviter cette dérive ? C'est cette question que les élus se posent aujourd'hui !
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : Khaled Boumediène
Source : www.lequotidien-oran.com