Oran - A la une

Cher, le mouton!



A quelques jours de l'Aïd, les prix des moutons connaissent une hausse vertigineuse, dire que ce n'est pas différent des années précédentes...Les ménages demeurent réticents, vu le phénomène de spéculation des revendeurs. Beaucoup préfèrent attendre encore dans l'espoir de voir les prix à la baisse, mais ce n'est pas évident pour autant. Ainsi, les Algériens sont mis encore une fois à rude épreuve. Certains moutons ont atteint le prix de 100 000 DA. Une folie, estiment les citoyens dont beaucoup ne sont pas encore prêts à dépenser quatre mois de salaire juste pour un mouton, car s'ajoute à cela l'achat des habits pour les enfants. L ?élevage a pourtant été abondant cette année, mais cela n ?a pas empêché les spéculateurs de hausser les prix qui vont de 30 000 à 50 000 DA. Les prix sont donc à la portée des seules bourses aisées. La situation n ?est pas typique à Constantine, à Alger ou à Oran, c ?est essentiellement dans les grandes villes que les revendeurs s ?acharnent contre le citoyen en lui imposant des prix à la hauteur de son salaire au niveau des points de vente notoirement connus sur tout le territoire national. Rachid secoué par les prix, confie avec beaucoup de désillusions: «C ?est vraiment infernal, je ne comprendrai jamais comment fonctionnent ces revendeurs, sont-ils conscients de ce qu ?ils font subir au peuple, mais où est passé l ?Etat dans tout ça'». Un autre citoyen dénonce cette pratique qui dure depuis des années et cela fait 5 ans qu ?il n ?a pas pu acheter de mouton à ses quatre enfants: «Allah ghaleb, je n ?ai pas les moyens, c ?est à peine si j ?arrive à couvrir les dépenses quotidiennes, avec déjà la flambée des prix des fruits et légumes, je suis essoufflé, comment voulez-vous que je puisse me permettre le luxe d ?acheter un mouton avec 30 000 DA'» Le rituel de l ?Aïd El Adha est devenu un luxe pour tous les musulmans et l ?otage des spéculateurs qui ont monopolisé le marché. Certains ne sont même pas du métier et chaque année, ils profitent de cette occasion pour s ?établir dans les grandes villes où la demande est forte et agissent à leur guise sans contrôle et sans concurrents. Les maquignons, comme à l ?accoutumée, cherchent à se justifier par des arguments peu crédibles relatifs à la cherté des aliments pour faire endosser la responsabilité à l ?Etat. «On ne comprend pas si ce sont les défaillances de la production qui sont mises en cause ou les circuits de l ?importation», s ?interroge un citoyen qui dit ne «rien comprendre par rapport à ce qui se passe dans les marchés». Une chose est sûre, cependant, le ministre de l ?Agriculture n ?a aucun trophée à présenter dans ce domaine dans la mesure où les nombreuses réformes qui ont touché ce secteur arrivent difficilement à produire les résultats attendus. Rien ne semble en tout cas arrêter ces spéculateurs pas même l ?aspect religieux le plus fondamental et encore moins l ?Etat.
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