
C'est la rentrée scolaire, les soucis commencent pour les parents qui cherchent une dérogation d'âge pour inscrire leurs chérubins qui leur manquent quelques mois pour leurs six ans, ou d'autres, un nouvel établissement pour permettre à leurs enfants de repasser le baccalauréat, etc. La tâche n'est pas facile. Les classes sont surchargées malgré l'ouverture de nombreux nouveaux établissements scolaires et le recrutement de milliers d'enseignants. Ce problème n'est pas seulement dû à la démographie croissante, mais surtout aux objectifs de l'enseignement post obligatoire qui n'est pas du tout en adéquation avec les besoins du marché du travail et de la stratégie de développement du pays. Pourquoi avoir des centaines de milliers de diplômés universitaires au chômage, quand le secteur agricole agonise à cause du manque de main d'?uvre, quand trouver un chauffagiste ou un plombier relève du miracle, quand nos jardins sont en « jachère», asséchés et non entretenus faute de jardiniers et de paysagistes, et quand on fait appel aux étrangers pour construire nos infrastructures …'!! La liste des incohérences n'est pas exhaustive. Jadis les collégiens et les lycéens nécessiteux recevaient trimestriellement leurs bourses scolaires par mandat postal, aujourd'hui on charge l'école de se substituer aux services sociaux pour « distribuer » la prime de scolarité de 3 000 dinars. Est-ce son rôle de le faire ' N'a-t-elle pas d'autres priorités ' Pourquoi ne pas réinstaurer les bourses scolaires et en finir avec ce bricolage lourd, inefficace et tentant ' Combien de directeurs d'établissements et d'intendants se sont faits attraper la main dans le sac ' Demander à un intendant de retirer du trésor public des dizaines de millions de dinars et d'aller dans des zones reculées payer les concernés, est en porte-à-faux avec les textes qui interdisent à un comptable scolaire de payer en espèces. Autre anomalie, les manuels scolaires qui ne se vendent presque plus dans les établissements scolaires à cause de leur distribution gratuite pour les travailleurs du secteur de l'Education nationale. Un réseau parallèle est né suite à cette nouvelle pratique où chaque année des millions de livres scolaires sont distribués pour alimenter l'année d'après, les marchés des trottoirs. Un gâchis incommensurable de l'argent public ! Il est temps que l'Ecole ne se concentre que dans sa mission et de la dessaisir de ces boulets, en mettant le livre à la place qui lui est due, c'est-à-dire dans les librairies, et le mandat postal ou le compte courant pour le virement des bourses scolaires, comme il se fait ailleurs, dans le monde civilisé.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ahmed Farrah
Source : www.lequotidien-oran.com