
La santé va mal. Et, ce diagnostic qui ne date pas d'hier, demeuré toujours sans remède, nous pousse à dire que cela va de mal en pis dans le secteur de la santé. Le secteur nécessite, donc, une véritable révolution pour se remettre d'aplomb. Dans ce sens, le président de l'ordre national des médecins, M. Bekkat Berkani, a appelé hier à un redéploiement du système de santé aux plans préventif et curatif, « en intégrant pleinement ceux chargés de le piloter quotidiennement ». Le Dr. Med. Bekkat Berkani a encore estimé qu'en raison des nombreuses insuffisances qui y sont relevées, il s'avère vital d'entamer « la totale réorganisation du système de santé », tout en soulignant qu'il s'agit là d'une prérogative qui relève directement de la responsabilité de l'Etat. Mais que peut l'Etat lorsque ses citoyens, les personnels de la santé, eux-mêmes, ne se donnent pas la peine de placer le malade au c?ur de leur action, ou lorsque ce personnel laisse à l'usure du matériel chèrement acquis, comme le dénonçait récemment le ministre de la Santé lors d'une visite à Constantine ' L'Etat met en place une stratégie mais ce sont les travailleurs, tous grades confondus, qui l'exécutent sur le terrain. Et puis, s'agit-il uniquement d'une « réorganisation » du système de santé pour que tout aille bien ' Bien sûr que non, car la ‘‘Santé'' exige la compétence et l'humanisme de ceux qui la prodiguent. Et les deux manquent affreusement à l'appel. De sorte qu'on est arrivé à avoir peur de l'hôpital plus que de la maladie elle-même.Il est urgent de faire quelque chose, de trouver le remède qu'il faut, mais ce n'est certainement pas la loi sanitaire en gestation qui apportera une amélioration à la situation. Mais, à toute fin utile, le Dr. Med. Bekkat Berkani préconise de bien étudier certains textes réglementant le secteur, parmi lesquels figure la loi sanitaire en cours d'examen, afin d'« améliorer ce qui est améliorable », en y intégrant tous les personnels « qui font la santé au quotidien ». On voit bien que le président de l'ordre des médecins insiste encore sur cet aspect « d'intégration de ceux qui font la santé au quotidien », laissant clairement entendre que cette catégorie de personnel est écartée des centres de décisions par ceux qui ont consacré la médiocrité en règle de gestion. En réalité, reconnaîtra-t-il, « les citoyens sont peu, ou pas du tout, satisfaits de cette situation, et cela pour des raisons multiples ».Face à ce constat, il touche du doigt le mal, en estimant qu'il est essentiel d'entreprendre une « refondation des moyens, des esprits, mais également de la qualité d'accueil et de prise en charge des malades ». Tout un ensemble de facteurs qu'il faudrait, donc, prendre en considération pour améliorer la prise en charge des malades. Plus explicite et transparent dans ses positions, il martèlera que c'est un problème qui relève de la responsabilité et de la bonne moralité des personnels de santé, qu'il s'agit désormais de revoir de fond en comble par le biais du dialogue et de la concertation afin d'améliorer les choses et redonner confiance aux Algériens dans leur système de santé publique.L'exode de médecins algériens vers l'étranger ' «Une véritable hémorragie », regrette le Dr. Berkani. Et ce n'est pas de gaieté de c?ur qu'on opte pour l'exode à l'étranger, car là-bas on les « exploite» comme infirmiers et ils s'y adaptent tant bien que mal.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelkrim Zerzouri
Source : www.lequotidien-oran.com