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Ces martyrs qui se cachent derrière nos rues Leurs noms servent d'indicateurs topographiques



Ces martyrs qui se cachent derrière nos rues                                    Leurs noms servent d'indicateurs topographiques
De notre correspondant à Oran
Samir Ould Ali

L'histoire enseignée dans les manuels de l'école algérienne s'étant figée autour des grands noms de la Révolution et les rendez-vous commémoratifs phares s'articulant généralement autour des mêmes héros, la majorité des martyrs restent de parfaits inconnus chez l'Algérien' même si un certain nombre de rues et d'édifices portent leurs noms. Exemples à Oran : Le boulevard Maâta, situé dans le prolongement du boulevard Mascara dans le centre-ville, est archi-connu des habitants, particulièrement chez la catégorie des commerçants de vente de gros et demi-gros. Mais par manque d'informations, rares sont ceux qui savent que Maâta Mohamed El Habib est l'une des plus jeunes figures de la Révolution mort à l'âge de 25 ans, et plus rares encore que son décès est entouré de zones d'ombre qui, pour beaucoup d'observateurs, restent à éclairer. Pour la majorité des Oranais, Mohamed Maâta demeure seulement le nom d'un boulevard très commerçant et pas très fréquentable pour cause de réalisation du tramway. Ailleurs, des établissements et des artères portent des noms qui, par manque d'informations et de communication, ne signifient pas grand-chose pour le commun des mortels ; à peine sait-on que ce sont des patronymes de concitoyens qui ont dû se sacrifier pour l'intérêt suprême du pays : Chenior Mohamed Larbi (complexe sportif des Castors), Rahal Abbès (CEM), Maoued Ahmed (maison de jeunes), Nouar Belkacem (autre CEM), les places Khalef Abdelmoumen (ex-Gambetta), Commendant Medjoub (ex-Hoch), Zoufi Zoubida (ex-Maraval), Zeddour Brahim (ex-Karguentah), les rues des Frères Niati, Adda Benaouda, Frère Karoubi, Miloud Benmohamed ' tous ces noms et des centaines d'autres encore sont inconnus - ou presque - du grand public. Qui sont- ils réellement ' Pour quels hauts faits leur a-t-on ainsi rendu hommage plutôt qu'à d'autres ' Dans quelles conditions ont-ils disparu ' Nul ne semble le savoir et si on ne trouve pas les réponses dans les manuels scolaires ou dans les rares bibliothèques, on ne risque pas de les trouver sur des plaques commémoratives' qui n'existent même pas. Et s'il est difficile de mettre une plaque commémorative à chaque coin de rue, rien n'empêche que les établissements et les places publiques en soient dotées pour permettre aux habitants de se réapproprier leur Histoire et aux touristes de se faire une idée sur l'identité des places et rues qu'on leur fait visiter.Certains lieux, heureusement, ne souffrent pas de cet oubli à l'image de la place de la Liberté, la Tahtaha de Mdina J'dida qui a connu en 1962 l'horrible attentat de l'OAS (officiellement 23 décès, 75 selon d'autres sources) et qui porte une stèle commémorative sur laquelle on peut lire le détail de la tragédie. D'autres places portant des plaques commémoratives remontant à la période coloniale (une centaine environ) attendent, en revanche, d'être réhabilités et dotées de nouvelles plaques ces comme celui de la place du 1er Novembre (anciennement place d'Armes), de la place du Maghreb (ex-Bamako), Abdelmalek Ramdane (ex-place des Victoires), Gherbaoui Mohamed (ex-place Fontanelle)'
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