Benfréha au féminin
Elles étaient belles comme le jour. Comme cette belle journée du 8 mars. Les jeunes stagiaires de la maison Amel de la commune de Benfréha ont célébré leur fête dans une ambiance rythmée de Medahate et des sublimes cris de joie féminins. «C’est la 1ère fois que je me suis sentie femme, un être à part entière. Nous remercions vivement Mme Zoulikha Mekki de nous avoir offert de telles perspectives» a déclaré Fatima, mère de deux enfants et stagiaire en couture à la maison Amel pour la réinsertion de la femme rurale. Le wali d’Oran a été également ravi, lors de sa visite d’hier, de constater de visu le travail extraordinaire de cette Maison...Amel.Elles sont 95 femmes inscrites dans la Maison Amel: 23 dans l’atelier de couture, 30 en cuisine, 23 en informatique et 20 en coiffure. La maison a ouvert ses portes le 11 février dernier, grâce aux efforts entrepris par l’association l’APPEPT qui a frappé aux bonnes portes après avoir établi un programme consistant pour le développement et la réinsertion de la femme rurale. La marathonienne présidente a pu avoir les subventions idoines afin de concrétiser son rêve et d’ouvrir la Maison Amel. Les 240 millions de centimes qui ont permis la concrétisation du projet, sont partagés entre l’APPEPT et l’association espagnole SERAIL, membre des Associations Espagnoles de Coopération Internationale (ACEI) qui a alloué 70% du montant. Le parti FLN a attribué les salles vacantes de sa Kasma de Benfréha pour l’association l’APPEPT pour installer ses ateliers. Les stagiaires sont exclusivement des filles dont la scolarité n’a pas abouti. Les CFPA demande au minimum le niveau de 9ème année.
Les filles dont la scolarité s’est arrêtée au palier primaire soit, par pure tyrannie paternelle soit, pour d’autres considérations aussi archaïques qu’intempestives, n’ont pas le droit donc d’intégrer les CFPA. L’APPEPT à travers sa Maison Amel offre à cette catégorie de femmes la possibilité de suivre une formation dans les domaines énumérés ci-dessus. Les stagiaires de la Maison Amel ont également installé le club Amel. «C’est un club où toutes les femmes peuvent se réunir pour débattre leurs problèmes de l’heure, pour organiser des fêtes, des sorties et des excursions.
Des cours de puériculture, d’alphabétisation, de psychologie sont également dispensés au sein du Club. Pour le moment et juste après 20 jours de son inauguration, la Maison Amel est déjà saturée. Les capacités d’accueil de la Maison ne pourront pas dépasser les 100 places alors que la demande est dix fois supérieure, dira la présidente. Et d’ajouter: «les demandes d’autres femmes des communes et bourgades limitrophes à Benfréha affluent tous les jours mais Allah Ghaleb, on ne peut accepter plus. Par contre, nous collaborerons avec toutes les APC ou associations des autres communes afin d’installer d’autres Maisons Amel pour lever la marginalisation caractérisée de la femme rurale de la wilaya d’Oran, en général», a déclaré la présidente de l’APPEPT. On apprendra également auprès d’une source de l’APC de Boufatis qu’une structure magnifique, située dans la commune de Boufatis reste abandonnée.
Elle s’élève sur plusieurs étages et peut recevoir une maison similaire à celle de Benfréha. Mais cette structure attise les convoitises de toutes parts et le P/APC a, semble-t-il, peur des représailles des «resquilleurs», ajoutera notre source. A El Ançor, le siège de l’ancienne maison de jeunes, un église de l’ère coloniale, reste également squattée alors qu’elle peut héberger une Maison Amel pour les femmes rurales des bourgades isolées de Sidi Hamadi, Gueddara, St Pierre, les fermes des Touarès, Aïn El Kerma... l’énumération de telles structures qui restent abandonnées serait fastidieuse. La fin de la journée est passée dans une ambiance de bonnes femmes joyeuses, alors qu’il y a peu de temps, ces mêmes femmes pataugeaient dans la routine du foyer.
Benachour Med
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com