
Pour finir l'année en beauté, les Algériens avaient l'habitude de se tourner massivement vers l'étranger, mais les temps ne sont vraisemblablement plus les mêmes.La fin de l'année 2015 laisse profiler une austérité dont l'ancrage commence à prendre dans les réflexes des ménages. Les voyagistes qui attendaient cette période de pic, de fin d'année, font la moue. « Moins d'une semaine avant la fin de l'année, vous pouvez constater que ce n'est pas la grande affluence pour les réservations de séjours à l'étranger », rétorquaient hier plusieurs gérants d'agences de voyages.Interrogés à propos des destinations de choix des Algériens en cette fin d'année 2015, les voyagistes sont unanimes à observer que « le climat des affaires est très froid ». Les réservations massives de groupes professionnels ou d'amis, à la recherche d'un lieu idéal pour accueillir la nouvelle année 2016, ne sont plus d'actualité. D'après les professionnels, plusieurs facteurs contribuent à la baisse de la demande de réservation de séjour à l'étranger, dont l'austérité à laquelle s'astreignent les Algériens, le climat sécuritaire détérioré à travers plusieurs destinations prisées et les problèmes de délais très longs pour l'obtention de visas. « D'habitude, la destination Tunisie faisait le plein pour la célébration du nouvel an, mais cette année la demande enregistre un creux malgré les prix très attractifs, pour ne pas dire bradés, avec à peine 3 millions par personne dans des hôtels de luxe », estiment les voyagistes.Cette baisse de la demande des Algériens est due, de toute évidence, aux récents attentats terroristes qui ont secoué la Tunisie. « C'est difficile à croire, mais la destination Tunisie ne fait, désormais, plus le plein », fait-on constater. Ajoutant dans ce sillage que la clientèle traditionnelle se tourne plutôt vers le Maroc, Dubaï, la Turquie et l'Espagne. « Ce n'est pas le grand rush, mais ces quatre horizons constituent les pôles les plus attractifs », relèvent nos interlocuteurs. « Bien sûr, ce n'est pas tout le monde qui peut se permettre de terminer l'année en beauté avec à la clé une facture de 15 millions de centimes pour un voyage à Dubaï, au minimum, mais c'est cette catégorie sociale qui fait le mince lot de notre clientèle », souligne-t-on encore.On apprendra dans ce sillage que les Algériens se sont détournés de la destination Turquie à cause des restrictions imposées par le nouveau dispositif « visa » pour les tranches d'âge entre 18 et 35 ans qui doivent patienter jusqu'à un mois pour la délivrance du visa. « Les familles ne peuvent pas attendre tout ce délai pour avoir le visa des enfants, et ils choisissent ainsi d'autres destinations comme le Maroc ou même l'Espagne pour passer ensemble les fêtes de fin d'année », nous explique un voyagiste. Enfin, il s'agit là d'une infime minorité de la population qui aura choisi de célébrer le nouvel an sous d'autres cieux, la grande majorité, quant à elle, c'est chez soi qu'elle va célébrer cet évènement.Et le tourisme domestique ou local dans tout cela, où en est-il ' La question provoque l'ire des voyagistes. « De quel tourisme domestique voulez-vous parler alors que les ponts sont totalement rompus entre les structures d'accueil et les voyagistes ' », lance l'un d'eux. Aucune offre sérieuse sur le marché local. Un voyagiste nous a avoué qu'il a vendu deux séjours pour les fêtes de fin d'année à passer à Tamanrasset, en tout et pour tout ! Un autre voyagiste nous fera remarquer que cette fin d'année sera bien particulière, cette fois-ci, car le pays sera, dans la soirée du 31 décembre, toujours sous le deuil de 8 jours décrété à la suite du décès d'Aït Ahmed. Pas de fêtes, donc, ni sur les espaces publics, ni dans les grands hôtels où l'on a l'habitude d'organiser des soirées musicales. Rien de mieux que des soirées intimes avec des dîners à la maison entre amis ou en famille. « Si cela appartenait à cette soirée-là pour donner réellement la couleur de la nouvelle année, on aurait tout à craindre de ce qui nous attend. Fort heureusement, ce ne sont là que des moments factices qu'on finit par oublier tout juste après les douze coups de minuit », résument des avis largement partagés ce passage d'une année à une autre.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelkrim Zerzouri
Source : www.lequotidien-oran.com