Des chercheurs algériens et étrangers débattront, durant trois jours, des influences qu'a eues la lutte pour l'indépendance de l'Algérie sur de nombreux mouvements révolutionnaires dans le monde, à l'occasion d'un colloque international qu'organise le Crasc d'Oran
à partir d'aujourd'hui.
Quel retentissement a eu et continue d'avoir 1962 en Algérie, en France, au Maghreb, en Afrique et dans le monde entier ' Quelle influence a eu l'indépendance de l'Algérie sur les mouvements émancipateurs, tiers-mondistes et panafricanistes ' C'est, entre autres, à ces questions que tenteront de répondre, dès aujourd'hui et durant trois jours, les chercheurs et universitaires qui animeront un colloque de haute facture intitulé «1962, un monde», qui aura lieu au CRASC d'Oran. La rencontre est co-organisée par le centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC), le centre d'études maghrébines en Algérie (CEMA), et l'Institut d'histoire du temps présent (IHTP) qui dépend du CNRS (France). Au programme, soixante communications seront animées par des chercheurs et des universitaires algériens, mais aussi des étrangers qui viendront de trois continents.
Le public aura droit à d'intéressantes - parce qu'inédites - études et recherches transdisciplinaires. Beaucoup de questions seront soulevées : quels sont les impasses, la temporalité, l'héritage et l'actualité de 1962 ' Comment le mouvement national palestinien, l'ANC, le Black Power, les révolutions latino-américaines (Cuba, le Sentier lumineux, les sandinistes, les Chiapas, les Indiensboliviens), appréhendent, discutent et composent, ou pas, avec 1962 ' «Des mouvements qui unissent des continents inventent leur révolution algérienne», et qui font de 1962 «leur victoire, alors même qu'à l'opposé, les pratiques répressives et les techniques de contrôle et de gouvernement développées dans et par la guerre circulent et s'imposent».
1962 sera évoqué sous le prisme de l'Histoire, de politologie voire de géopolitique, mais aussi de sociologie, d'anthropologie et de culture. Il sera question d'«explorer les frottements, les engagements et les articulations du savoir et du pouvoir, ainsi que leurs usages multiples, contradictoires et ambigus». Les différents conférenciers vont revenir sur «ce que les recherches et les récits de 1962 laissent dans l'ombre, de réfléchir sur les terrains battus et les questions hypertrophiées pour entrevoir les impensés de 1962».
Une date charnière qui est perçue comme «un seuil d'une nouvelle période qui invente le moment révolutionnaire, ses pratiques, ses récits, ses rhétoriques, et ses échecs». Les organisateurs estiment que «1962 crée, en expulsant les dissensions et les conflits internes, un nouveau motif et mythe, populiste et genré des mouvements de libération et d'émancipation.» Les communications se pencheront sur «les scènes multiples et différées, anachroniques ou contemporaines», évoqueront «les bifurcations que 1962 produit, informe ou réagence.» C'est le parti pris revendiqué par les organisateurs dont l'objectif est de «tracer la généalogie de 1962 en tant que monde».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Cherif Lahdiri
Source : www.elwatan.com