
img src="http://www.lexpressiondz.com/img/article_medium/photos/P170415-14.jpg" alt=""Ce n'est pas une obligation religieuse"" /Selon M. Djebelkhir, le port du «hidjab» est le fruit d'un grand travail de propagande wahhabite qui a réussi à l'imposer comme rite religieux alors qu'il n'est en vérité qu' un fantasme salafiste et «un chiffre d'affaires».L'Expression: Le «hidjab» se généralise ces derniers temps. Comment interprétez-vous ce phénomène' Rigueur dans la ritualisation de la pratique religieuse ou simple phénomène de mode'Saïd Djebelkhir: Je voudrais d'abord souligner que ce qu'on appelle habituellement «hidjab» n'est pas une obligation religieuse, mais plutôt une habitude arabe qui a été pratiquée par certaines femmes musulmanes libres (c'est-à-dire non esclaves) à titre de protection personnelle contre les harcèlements des voyous durant la nuit lorsqu'elles sortaient de chez elles pour leurs besoins biologiques, car il faut savoir qu'à cette époque il n' y avait pas de sanitaires dans les maisons. Il s'agit donc d'une mesure de protection spécifique aux femmes musulmanes libres de Médine et seulement de Médine, sachant que les femmes esclaves n'ont jamais été voilées, et ce partout au monde et à travers toute l'Histoire musulmane. Mieux: elles se promenaient la tête dévoilée et parfois même torse nu, surtout au marché des esclaves où les femmes esclaves étaient traitées comme de la marchandise, ce qui fait que les clients avaient le droit de tout voir de leurs corps, à l'exception de la partie allant du nombril aux genoux. Le «hidjab» qui n'était au départ qu'une mesure protectrice des musulmanes libres à Médine contre le harcèlement comme je l'ai expliqué plus haut et comme il est dit dans le Coran (El Ahzab/59) a été adoptée par les juristes musulmans après le décès du Prophète Mohammed (Qsssl), en tant qu'obligation concernant toutes les femmes musulmanes. Il ne s'agissait là en fait que d'un excès de zèle qui relève de l'esprit patriarcal et «machiste» des Arabes que de la religion en soi. Ils ont donc inventé des «hadiths» qu'ils ont attribués au Prophète (Qsssl) pour se justifier. Le discours des juristes ou foukahas a été par la suite repris pas les mouvements islamistes ou l'islam politique, à commencer par «les Frères musulmans» en 1928 et tous les groupes de différentes tendances survenus depuis. Au fil des années, et du fait de la propagande islamiste financée et soutenue par les pétrodollars des pays du Golfe, notamment l'Arabie saoudite et sa religion/doctrine wahhabite, l'idée que le «hidjab» soit une «obligation religieuse» est devenue presque une évidence pour l'écrasante majorité des musulmans. J'ajoute que le discours des nouveaux prédicateurs de l'islamisme en a fait un phénomène à la mode qui est aujourd'hui largement exploité par ce qu'un spécialiste a désigné comme étant «l'islam de marché».En effet «le hidjab» n'est pas aujourd'hui qu'un phénomène politico-religieux, c'est aussi un très grand chiffre d'affaires et ce à travers tout le monde arabo-musulman.Il y a quelques lustres, le «hidjab» était davantage l'expression d'un choix idéologique que l'observation d'un rite religieux. Aujourd'hui, beaucoup de femmes hidjabisées n'ont rien à voir avec l'islamisme. On en trouve même qui militent dans des partis qui prônent ouvertement la laïcité, l'abolition du Code de la famille, l'égalité des sexes, etc., comme le RCD. Comment interprétez-vous ces évolutions'Comme je l'ai déjà expliqué, le «hidjab» est devenu un phénomène de mode et un grand chiffre d'affaires. Les femmes le portent surtout pour accroître leurs chances par rapport au mariage et parfois aussi par rapport au travail, car il y a des entreprises qui favorisent les femmes en «hidjab».Il est très rare aujourd'hui de trouver une femme qui porte le «hidjab» par conviction religieuse, à l'exception peut-être des salafistes qui, elles, portent souvent le «djilbab» avec ou sans la «burqa».D'un point de vue social et culturel, comment lisez-vous ce double phénomène de généralisation du «hidjab» et de son décloisonnement idéologique' Une avancée ou une régression'Je pense que ce phénomène est en régression, mais de manière progressive, au fur et à mesure que l'esprit critique, les lumières et l'islam moderniste avancent.Mais je dois dire aussi que la tenue vestimentaire relève de la liberté personnelle tant qu'elle n'est pas en contradiction avec la loi. Le seul problème avec le «hidjab» c'est qu'il est attribué à la religion comme étant une obligation, ce qui est totalement faux.Le «hidjab» n'est pas, comme on le dit et comme le pense la majorité, une obligation religieuse.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amar INGRACHEN
Source : www.lexpressiondz.com