De notre correspondant à Oran
Samir Ould Ali
Les pouvoirs publics le ressassent tous les jours, inlassablement : Oran deviendra un joyau méditerranéen et, dans moins d'un quart de siècle, il sera difficile de reconnaître la capitale de l'Ouest. «Plus de 30 projets structurants sont prévus dans le cadre du projet de modernisation de la ville d'Oran en tant que métropole méditerranéenne» qui seront réalisés dans une démarche prospective «s'appuyant sur une stratégie de développement globale, lisible, inscrite dans la durée [...] loin des approches traditionnelles et des schémas sectoriels, isolés (...)», a promis le wali lors d'une réunion au cours de laquelle il a dévoilé l'Oran rêvée pour l'horizon 2040. Outre une ville nouvelle dans la région de Oued Tlélat (sur une superficie de 2000 hectares pour 300 000 habitants) dont la réalisation nécessitera la coquette somme de 14 milliards d'euros, il est question, notamment, d'un complexe olympique de 40 000 places, un Palais des congrès, un par naturel au lac Dhaya, trois marinas à Kristel et Madagh, deux boulevards dévolus aux cliniques et aux banques, un village médical réservé à la médecine de pointe, un technoparc à Bir El Djir, un port de pêche à Marsa El Hadjadj, un opéra de 2 500 places, un aquarium de six hectares à Arzew, un nouveau parc d'attractions, zoologique et aquatique de 100 hectares dans la commune de Belgaïd, des ports de plaisance et la restauration d'un certain nombre de sites historiques comme le palais du Bey, la mosquée El Pacha et les Arènes d'Oran. Pour la concrétisation de ce gigantesque projet, il sera naturellement fait appel à toutes les compétences nationales et internationales de l'ensemble des secteurs, sauf le domaine artistique et esthétique. Comme cela a été le cas pour tous les projets qui ont déjà été réalisés ces dernières années : personne n'a jamais vu des artistes-peintres donner libre cours à leur créativité et imagination sur les murs des nouvelles cités ou sur les trémies, des paysagistes soigner des espaces verts ou des sculpteurs modeler des statues et réaliser des gravures. Les opérations d'aménagements urbains et d'embellissement - qui se résument aujourd'hui à l'entretien des espaces verts, la réfection des trottoirs et la pose de nouvelles bordures - sont généralement confiées à des microentreprises de bâtiment ou de nettoiement. «Pour le moment, c'est cela le souci esthétique chez les pouvoirs publics :
trottoirs retapés aux bordures fraîchement repeintes et bandes vertes bien arrosées», déplore un habitant d'Oran en reconnaissant volontiers l'amélioration de la situation de la cité comparativement aux années 1990 et 2000. «Mais il serait intéressant de solliciter le concours des artistes pour la décoration de façades ou de tunnels comme cela se fait dans d'autres pays. Cela permettra de donner un cachet artistique à la ville, de valoriser les arts et, pourquoi pas ' susciter l'intérêt des habitants qui prendront mieux soin du mobilier urbain.»A entendre les responsables locaux parler de la modernisation de la ville, il est clair que l'heure n'a pas encore sonné pour les artistes qui devront se contenter des rares manifestations culturelles qui leur permettent, parfois, de sortir du confinement de leurs ateliers.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S O A
Source : www.latribune-online.com