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Captivant ! 7e Festival d'Oran du film arabe - 5e journée de la compétition



Captivant ! 7e Festival d'Oran du film arabe - 5e journée de la compétition
Pour cette cinquième journée de la compétition du Fofa, le public, amateurs et professionnels, a fini de suivre les dernières « salves » des films courts métrages. En cette matinée de samedi, la Cinémathèque d'Oran a abrité la projection de cinq films. Il s'agit de « Les trois chandeliers » de l'Egyptien Ahmed Fouad, « Nos meilleurs rêves » de la Jordanienne Ghada Saba, « La corde » de la Libanaise Hiba Tawaji, « Square Port Saïd » de l'Algérien Fouzi Boudjemaï et « Net » de l'Emirati Ahmed Zaïn. Le premier film « Les trois chandeliers » retrace le destin funeste de trois orphelins qui tentent de survivre et ce, en employant divers moyens. Ici, l'on parle sans parler, l'on pense sans penser. L'on pense culpabilité, acceptation de l'autre, l'on parle découverte de soi, de l'autre à nouveau. Tout est là, dans cette sphère ouverte, sans mélo, avec larmes. Les rôles sont inversés. Le courage incommensurable de trois garçons. Un film d'amour. La sagesse d'un enfant. Sa lucidité, sa maturité, sa maladresse, ses obsessions. Le jeu des regards. L'accordéon de la grande sensibilité se déplie déployant son humanité. Le second film, celui réalisé par Ghada Saba, bien connue par son audace artistique et qui a fait ses débuts aux côtés du célèbre cinéaste Youcef Chahine, nous emporte dans son opus « Nos meilleurs rêves », dans un monde fait de rêverie. Il s'agit de l'histoire de trois femmes et un enfant. Petite merveille cinématographique. Ghada Saba est géniale. Il faut aussi saluer la performance de cette cinéaste. Le film parvient à toucher, à poser des questions tout en restant très pudique, très simple. Le troisième film « La corde », de la Libanaise Hiba Tawaji, raconte, en vingt minutes, l'histoire d'un épicier libanais, Abou Youssef, qui, du jour au lendemain, voit sa vie bouleversée par un heureux événement qui lui est, au sens figuré comme au sens réel, tombé du ciel. « L'idée principale que je veux transmettre à travers ce film est qu'une source de bonheur peut devenir dans certaines situations source de malheur », révèle Hiba. « La corde » a également figuré au programme du Festival international du cinéma méditerranéen de Tétouan, au Maroc, ainsi qu'à l'édition 2013 du Festival du film du Golfe de Dubaï (GFF), où il a été l'unique film réalisé par une étudiante. Ce genre de film peut très vite déraper en un insupportable mélodrame. Mais rien de cela ici, c'est écrit, réalisé et interprété avec toute la retenue nécessaire au traitement de ce sujet difficile. Une réussite. Le quatrième film « Square Port Saïd », de l'Algérien Fouzi Boudjemaï, nous transporte d'emblée dans un univers de communication muette entre un jeune homme, une jeune femme et un enfant. Cherchant à attirer l'attention d'une belle jeune fille, un jeune homme utilise ses tickets de bus pour faire une sorte d'origami afin de dialoguer avec elle. Dès le début du film, c'est la simple captation du réel, procédé parfaitement adapté au sujet, qui va créer une émotion retenue et constante. Chaque scène déploie une grande pureté, d'une grande simplicité. Les acteurs, toujours très retenus, sont magistraux. Le dernier film « Net », du réalisateur émirati Ahmed Zaïn, nous plonge dans le souvenir de l'ancienne antenne alors qu'il installait une chaîne de télévision. Drôle, sans tomber dans le burlesque, attendrissant, sans tomber dans le larmoyant, surprenant sans être invraisemblable. Dans la catégorie des longs métrages, le public a suivi les péripéties de deux longs métrages : « Sea Shadow » et « Echo ». Situé dans un petit quartier balnéaire de Ras Al Khaimah, le film « Sea Shadow » de l'Emirati Nawaf Al Janahi, suit des jeunes de 16 ans, Mansoor et Kaltham, dans leur lutte contre le traditionnel et le conventionnel dans leur cheminement vers l'âge adulte. Tenu par la famille et des valeurs profondément enracinées, le couple doit poursuivre son chemin. Le monde du cinéma est parfois perçu comme une immense machine de propagande au service de la création. Et il est vrai qu'assez souvent, les 'uvres cinématographiques qui en ressortent ne manquent pas de faire la promotion d'un certain nombre de valeurs propres à l'ère du temps : héroïsme, individualisme. Se limiter à cette approche cependant serait oublier qu'il existe un cinéma plus réaliste comme celui proposé par Nawaf Al Janahi dans son film « Sea Shadow », qui rompt avec cette vocation traditionnelle du cinéma. Il ose. Il casse les barrières et contourne les obstacles. Il présente la tradition cinématographique sous un jour favorable. Tandis que le film « Echo », du Saoudien Sameer Aref nous entraîne dans la vie d'un enfant de parents sourds et muets, est fait pour se sentir différent, surtout à l'école. Il est physiquement normal et il fait plaisir à ses parents, son père ne veut pas avoir un autre enfant. Cette problématique touche plusieurs ménages. Un film sans artifices pour traiter un sujet sensible et difficile. Les acteurs principaux sont émouvants tout en restant réalistes ; un beau film saoudien. Le réalisateur jordanien Mohamed Alwan dira sur le film qu'« il est émouvant vu le sujet délicat. Abordé sans aucun angélisme, à la limite de l'égoïsme, mais on n'est pas choqué grâce à l'approche scénaristique du drame. Rien à redire à l'interprétation. Une mise en scène beaucoup trop classique, mais cela aide sans doute à se concentrer sur le script. Rampling est parfaite. »
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