
La diffusion, le 5 août dernier, du film Le premier homme de Gianni Amelio, coproduit par l'Algérie, sur Canal + a relancé le débat sur la production cinématographique algérienne qui échappe aux télévisions algériennes. D'ailleurs, Canal+ est la seule télévision qui diffuse le plus de films algériens sur sa chaîne. Hormis la Télévision nationale qui produit et qui achète certaines productions, aucune chaîne privée ne prend le risque de produire les films cinéma, contrairement à Canal+ qui injecte des sommes colossales dans le cinéma français et les productions internationales.Les chaînes Canal+ diffusent environ 500 films par an, dont une centaine exclusivement sur Canal+ Cinéma. Canal+ fait partie des chaînes de «première exclusivité» comme l'établit le CSA, elles peuvent donc diffuser des films le samedi soir (21 h), alors que cela est interdit sur les autres chaînes à cette heure. Pour alimenter leur grille, les chaînes Canal+ diffusent une grande partie des films en première exclusivité française à la télévision. Ces chaînes diffusent ainsi des films français et européens grâce à la coproduction de films, en échange d'une diffusion en première exclusivité ou d'accords internationaux avec des studios de cinéma français comme Europa Corp de Luc Besson, ou Gaumont, lui permettant de diffuser l'ensemble de sa production en première exclusivité. Pour les films américains, Canal+ dispose de contrats d'exclusivité avec l'ensemble des majors de Hollywood. D'ailleurs, les autres chaînes françaises (TF1, France Télévisions, M6) se lancent de plus en plus souvent dans l'investissement et la production d'oeuvres cinématographiques. Celles-ci misent, non seulement sur les bénéfices engendrés lors de la sortie en salle des films, mais également sur l'après-cinéma pour obtenir les droits de retransmission télévisée et de ventes de DVD. En Algérie, depuis le départ de HHC de la télévision, les différents DG de l'Entv qui se sont succédé n'ont pas cru bon s'intéresser à la production cinématographique en Algérie. Les films supportés par la télévision publique se comptent sur les doigts d'une seule main. Deux films ont été produits sur injonction supérieure: Benboulaïd de Ahmed Rachedi et Essaha de Dahmane Ouzid. D'autres films ont bénéficié d'un soutien timide. Comme c'est le cas pour le film Kadech thabni de Fatma-Zohra Zaâmoum, qui a été sagement censuré et très mal programmé. L'entv ira même jusqu'à «tuer» le film en le diffusant le soir de la projection en compétition au Festival d'Oran. Le département de la production de l'Entv favorise l'achat de films que la production, alors que des milliards sont injectés dans des productions qui sont diffusées seulement durant le Ramadhan. Aucun film algérien récent qui a été diffusé sur la Télévision nationale ne bénéfice d'une promotion ou d'une publicité conséquente, comme c'est souvent le cas sur les grandes chaînes. Et pourtant, plusieurs films algériens remportent du succès dans les festivals et nombreux d'entre eux sont achetés à coups de millions d'euros et diffusés par des chaînes françaises. C'est le cas de la majorité des films de Merzak Allouache, des derniers films de Mahmoud Zemouri, ou encore les films de Belkacem Hadjadj ou Lyès Salem. (à suivre)amirasoltane08@live.fr
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amira SOLTANE
Source : www.lexpressiondz.com