«Après mon départ, le SNM gagnerait beaucoup à ce que la prochaine assemblée générale comporte comme ordre du jour un amendement des statuts et l'adoption du règlement intérieur.» Les propos sont de Camel Himeur, le désormais ex-secrétaire général du Syndicat national des magistrats (SNM).
Dans sa lettre de démission, adressée au président de cette structure, Djamel Laïdouni, ainsi qu'aux membres du conseil national, Camel Himeur déplore, entre autres, l'instrumentalisation du SNM. «Le syndicat est utilisé par des membres de la dernière pluie comme une tribune pour semer la discorde, alors que nous l'avons conçu comme un espace fertile pour la prééminence des vertus de l'indépendance de la justice», écrit-il dans sa correspondance, dont le Temps d'Algérie détient une copie. Il expliquera, par ailleurs, que sa décision se voulait une option à caractère inévitable eu égard à ses propositions faites lors du dernier conseil national du syndicat, le 5 janvier dernier. Propositions qui sont restées sans suite à ce jour.
Elles se rapportent essentiellement à la révision des statuts du SNM, au projet du règlement intérieur, qu'il a lui-même élaboré en octobre 2011, ainsi que la mise en place d'instruments de revendications plus adéquats au contexte dans lequel évolue la justice aujourd'hui.
Dans un premier temps, ces propositions, qui s'inscrivent, selon lui, «dans le respect de l'alternance pour le renouvellement des instances du syndicat», ont trouvé un écho favorable auprès des membres du conseil national du SNM. Dans ce cadre, il a été procédé à la mise en place de deux commissions en vue d'agir sur le fonctionnement des structures internes du syndicat.
Toutefois, Camel Himeur s'est aperçu que depuis l'installation de ces deux commissions, ces dernières ne se sont jamais concertées et «aucune réunion n'a eu lieu à ce jour», a-t-il déploré dans sa lettre de démission. Il enchaînera en rappelant la tenue d'assemblées régionales «non représentatives durant lesquelles des débats mal orientés se sont axés sur des revendications alimentaires et des attaques contre un autre pilier de la justice, l'avocat, ignorant les véritables enjeux face aux défis majeurs d'une justice moderne», écrit-il encore.
«La léthargie et la fuite en avant sont des signes apparents qu'il y a eu volonté de gagner du temps au mépris de l'alternance et qu'il y a eu donc rejet de mes propositions», a-t-il également dénoncé. Camel Himeur conclut sa lettre en soulignant «l'inexistence de vision sur l'essentiel» et que «continuer à faire semblant de coexister avec des clivages serait trahir la confiance de mes collègues magistrats».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim Aoudia
Source : www.letempsdz.com