
Les habitants de la commune sont sortis dans la rue, provoquant une émeute qui a nécessité l'intervention d'un important dispositif policier.Les responsables locaux du Front de libération nationale semblent vouloir tirer les dividendes du moindre événement survenant à Oran. Le dernier dans lequel les cadres locaux de l'ex-parti unique se sont impliqués directement est cette tragédie qui vient de sévir dans la commune de Sidi Chahmi lorsque deux jeunes hommes, dont les familles ont été chassées des habitations qu'elles occupaient depuis 1987, se sont immolés en fin de semaine dernière par le feu.En effet, le mouhafadh d'Oran, Dinar Mohamed, accompagné des députés et autres cadres du Parti n'ont rien trouvé de mieux à faire que de se rendre dans la commune de Sidi Chahmi pour rencontrer les familles des deux victimes. La mort des deux jeunes a aussitôt alimenté la colère des habitants de la commune qui sont sortis dans la rue provoquant une émeute qui a nécessité l'intervention d'un important dispositif de sécurité constitué de plusieurs brigades anti-émeute.Le déplacement des cadres du vieux parti dans la commune de Sidi Chahmi n'est pas passé inaperçu, il continue à constituer un sujet dominant des débats locaux et à chacun sa lecture des faits, le déplacement survient dans un contexte particulier marqué par le bouillonnement électoral. Le calme, quoique précaire, est tout de même revenu dans la commune. Tout a commencé jeudi dernier lorsque des habitants de Haï Nedjma (ex-Chteibo) ont bloqué le carrefour menant vers Sidi Chahmi, Chteibo et El Braya tout en dénonçant ce qu'ils ont qualifié de hogra qui a conduit à la mort de deux jeunes. Deux jeunes s'étaient immolés après leur expulsion par la justice de leurs habitations. Dans cette affaire, un différend les opposait au propriétaire de ces habitations qu'elles occupaient depuis des décennies.Les habitants de Labiod, une cité relevant de la commune de Sidi Chahmi, en signe de solidarité avec ces familles, ont barricadé la route à l'aide de troncs d'arbres. L'incident a nécessité l'intervention des éléments anti-émeute de la Gendarmerie nationale pour disperser les habitants en colère qui ont jugé l'avis d'expulsion d'arbitraire, car selon l'un des voisins, «la famille menacée d'expulsion habite cette maison depuis une trentaine d'années alors que la personne qui prétend être le véritable propriétaire n'est apparue que depuis six mois». Jeudi dernier, en début de matinée, un des habitants de la maison et son ami, âgés de 23 et 24 ans, se sont aspergés d'essence lorsque les gendarmes se sont présentés à leur domicile pour faire appliquer l'ordre d'expulsion en compagnie d'un huissier de justice et du propriétaire de l'habitation. Les gendarmes ont, dans leur intervention, dressé un périmètre de sécurité avant de différer l'opération d'expulsion suite à l'immolation par le feu de deux jeunes. Pour sa part, le wali d'Oran, Abdelghani Zaâlane, s'est déplacé sur les lieux pour calmer les habitants tout en promettant qu'une enquête approfondie sera ouverte dans cette affaire qui a conduit à un drame familial.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Wahib AïT OUAKLI
Source : www.lexpressiondz.com