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C'EST MA VIE



C'EST MA VIE
Rien ne prédestinait ce petit garçon plein de vie à voir sa vie basculer alors qu'il n'avait que six ans et vivait sa première semaine d'entrée en classe primaire. Né un 8 mars 1965 à Alger, Al Kebar Kamel-Eddine a été victime d'un accident de la circulation dans lequel il a perdu son bras droit. Un moment tragique pour le petit enfant qu'il était, mais il n'a pas pour autant perdu l'espoir de mener une vie «normale».
Ce n'est que trois ans plus tard qu'il retrouvera les bancs de l'école et réussit à s'adapter et s'imposer malgré son handicap. Ses études le mèneront jusqu'en terminale où après l'échec au bac, il décide d'entamer une formation de comptable sanctionnée par un diplôme de technicien supérieur en informatique. Il pouvait se contenter de ses études qui ne nécessitaient pas forcément un effort physique, mais Kamel-Eddine avait une passion pour la musique qu'il voulait pratiquer. Fort de sa détermination et de son amour pour les mélodies, il en étonnera plus d'un au conservatoire musical d'Oran, lorsqu'il se présentera pour l'inscription. A Oran, Kamel-Eddine est connu dans le milieu musical pour sa particularité. Souvent, l'on dit de lui «l'homme qui sait jouer de la musique avec une seule main». Aucune des personnes qui le connaissaient, et auxquelles nous nous sommes adressées ne nous décrient Kamel- Eddine comme étant un handicapé, mais plutôt un être volontaire, doué et qui réalise une prouesse artistique puisqu'il joue avec une seule main, comme si c'était son choix. Nous avons alors décidé d'aller rencontrer ce musicien hors normes. C'est un homme modeste qui nous parle de son parcours musical et surtout de sa passion pour le piano. C'est un choix qui a laissé ses enseignants du conservatoire d'Oran perplexes et sceptiques quant à sa capacité à en jouer et ils le lui feront savoir gentiment. Pour seule réponse convaincante, car les mots ne suffisaient pas, Kamel-Eddine est allé, nous dit-il, chercher son piano à pile et leur a démontré en jouant d'une seule main qu'il était capable de jouer et surtout d'apprendre.
Kamel-Eddine avait une passion pour la musique. Fort de sa détermination et de son amour pour les mélodies, il en étonnera plus d'un au conservatoire musical d'Oran, lorsqu'il se présentera pour l'inscription.
«Face à ce que je venais de leur démontrer en jouant devant eux, mes professeurs n'ont pu que m'accepter en tant qu'élève au conservatoire.» Son apprentissage a duré sept ans, couronné par un diplôme qu'il considère comme «un trophée» inestimable, puisqu'il a su le décrocher malgré le scepticisme de son entourage. Depuis, il a fait du chemin avec son talent de pianiste, il accompagnera ainsi le défunt Hdidouane, le trio humoristique Amjad… Il se produira également dans plusieurs crèches. «Mon plus grand bonheur, c'est lorsque je joue pour les enfants, ils sont innocents et savent prendre ce que j'ai à leur offrir, une musique étudiée, recherchée parfois par mes soins, et eux me le rendent si bien avec leur émerveillement et leur joie de vivre.» Kamel- Eddine a une oreille musicale très fine, et parvient à reprendre des morceaux connus comme Lettre à Elyse, Nostalgie… de Clayderman en y ajoutant sa propre touche : «J'ai composé des musiques de génériques, je me suis produit dans des garderies, j'ai fait des prestations dans des lycées. Je joue du classique, de l'oriental ; en fait, je touche à toutes les musiques du monde.» Fidèle à ses principes, cet artiste est fier de ne pas céder à ce qu'il considère comme les pièges du milieu : «Je ne fume pas, je ne bois pas, je ne me drogue pas et je ne fréquente pas les milieux artistiques qui ne sont pas conventionnels.
Son apprentissage a duré sept ans, couronné par un diplôme qu'il considère comme «un trophée» inestimable puisqu'il a su le décrocher malgré le scepticisme de son entourage.
Je suis marié, père de deux enfants, je tiens à préserver ma famille et mes valeurs.» Mais de quoi vit Kamel-Eddine sachant que l'art n'est pas très rentable ' «Je me débrouille en offrant mes prestations en informatique. Je suis également agent immobilier occasionnel, et dès que l'occasion se présente pour moi, je m'adonne à ma plus grande passion : jouer du piano ou du synthétiseur.» Membre de l'association Bayte El Houda, qui milite pour l'insertion des personnes nécessiteuses, Kamel-Eddine ainsi que les membres de son organisation se préparent à prendre part aux festivités du 5 Juillet en se rendant par exemple dans les maisons de vieillesse où tous les membres se cotisent, et avec l'aide de donateurs, offrent du bonheur à ces personnes. Son rêve est d'être, dit-il, «un chercheur et un créateur» dans la musique. Mais avec un problème de logement et une situation professionnelle instable, Kamel-Eddine ne parvient pas à réaliser ce rêve, mais reste accroché à son amour pour la musique et ne compte pas y renoncer, malgré les aléas de la vie. En regardant cet artiste jouer sur son synthétiseur, on fait abstraction de son handicap, son talent de pianiste, son habileté, et les mélodies qu'il nous offre nous font oublier que nous sommes face à un homme qui ne joue qu'avec une seule main. Un talent, une volonté et, surtout, une force de caractère qui imposent le respect.
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