Oran - A la une

C'est l'heure des tractations



C'est l'heure des tractations
Soudoyer un président d'une association de quartier équivaut à un gain considérable de voix à récolter le jour du scrutin.C'est fini, la période de la campagne de persuasion des électeurs est arrivée à son délai fixé par la réglementation. Il n'est rien de «beau», ni de «bon» ni encore moins de fructueux qu'une campagne à mener, à la dernière minute loin du grand tapage médiatique. Autrement dit, cette campagne «officieuse» prend le relais s'étalant sur la période post-campagne jusqu'au jour précédant la journée pré-électorale. Dans cette course, tant époustouflante, les enchères montent de plusieurs crans. Tous les coups sont permis. L'heure des tractations et la «guerre» de tranchées commencent. Celle-ci est menée loin de toute éthique et de déontologie régissant l'exercice politique. Des tentatives de ralliements des uns au profit des autres, des alliances y compris des ligues et des cabales très souvent de contre nature et souvent perfides, sont menées dans le bas-fond de la caisse aux dépens la réglementation. Et des partis risquent donc de tomber dans le bec en ne récoltant que «zéro résultat» ou encore quelques miettes de plus de 1 million de votants inscrits sur le fichier électoral de la wilaya d'Oran. Tout cela n'est autre que le fait irréfutable d'un jeu politique très malsain, reposant essentiellement sur la nécessité de se soumettre à la pensée archaïque et révolue stipulant la nécessité de voter au profit de «Beni aâmis» ou encore au bénéfice du candidat de «Béni ma tribu». La campagne électorale a, pendant trois semaines, reposé sur des speechs donnés par des chefs de partis et des rencontres des cadres locaux avec la population, des milliers d'électeurs ne sont ni improbables ni indécis! Ils sont tout simplement frileux et déçus par la gestion des élus prédécesseurs. Aussi, les chefs de tous les partis et leurs représentants locaux, ayant rencontré les populations locales, n'ignorent pas que leurs discours ne sont pas trop rapporteurs, d'où l'agitation et l'agression électoraliste à mener en sourdine dans les salons feutrés, dans des résidences de notables, dans des domiciles d'hommes d'affaires en collaboration avec des chefs et «Mokadems» de zaouïas, dans des sièges des associations fantoches transformées en cellules dormantes et réservoirs électoraux, ne se réveillant que lors des élections pour prendre position dans l'espoir d'être subventionnées par le maire béni par leurs soins, leurs...voix. Dans cette période de repos du guerrier, les candidats guerriers se mettant, sans répit, dans une ultime «guerre» tentent de rallier, vaille que vaille, à leur cause les membres de leurs tribus d'origine, leurs amis éparpillés dans d'autres partis, ils font appel à des organisations estudiantines et au mouvement associatif, ils «corrompent» des habitués, meneurs des jeux, guidant des files d'importants réservoirs électoraux. Il n'est un secret pour personne, que soudoyer un président d'une association de quartier équivaut à un gain considérable de voix à récolter le jour du scrutin. Le vote dans la wilaya d'Oran ainsi que dans toutes les 26 communes la composant repose sur le sempiternel principe «donnant-donnant» et rien d'autre. Il s'agit là d'un engagement à prendre «sérieusement» par les deux parties composées essentiellement par les «donateurs» des voix contre des ser-vices à rendre par le candidat, une fois que ce dernier est élu. En plus des speechs diplomatiques, reposant très souvent sur le verbe affable, loin des discours galvanisants, des candidats, «imbus» de leur popularité, d'autres fiers des rassemblements et de leurs sorties, se mettent aux enchères, promettant à leurs «parraineurs» monts et merveilles, quitte à s'engager à accorder des projets aux entrepreneurs, des lots de terrains aux notables de la ville, des postes d'emplois aux jeunes chômeurs, des logements sociaux aux mal-logés, des prises en charge aux malades et tutti quanti. C'est la «sale» guerre qui commence dès que le baisser du rideau de la campagne électorale entre en vigueur, c'est-à-dire à partir de minuit dans la nuit d'aujourd'hui à demain. Tous les chemins mènent au trône dans les...municipalités, d'où tous les moyens utilisés par ces tenanciers, acharnés, du pouvoir local. N'a-t-on pas assisté, impuissants, à l'affichage sauvage salissant la vitrine de la plus belle ville du pays, Oran' Cette salissure est souvent, perpétrée en toute impunité par des partis qui casquent sans retenue plusieurs milliers de dinars, et cela rien que pour se parer de l'écharpe municipale. Une petite affichette à coller dans le mur est cotée à plusieurs centaines de dinars, d'où la course des jeunes, très souvent désoeuvrés, pour accomplir une telle mission. Des jeunes des quartiers populaires se rassemblent dans les bureaux de permanence, proposant leurs services, s'engageant à «orner» toute la ville par des posters des candidats, tout en distribuant des tracts et tutti quanti. Où est donc cette Haute Instance en charge de la supervision des élections'
L'instance, guidée par Derbal, est aux abonnés absents. «On n'a pas senti son (Haute Instance de supervision des élections ndlr) odeur depuis le début de la campagne à ce jour», a déploré un cadre d'un parti politique en lice, citant «plusieurs exemples de transgressions perpétrées en toute impunité». Là est toute la réalité d'un vote marqué, en plus d'une fraude souvent indétectable, par des jeux n'honorant en rien le futur élu local.
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