Instants tragiques où les uns s'en vont parce qu'ils s'exposent pour en sauver d'autres et où d'autres enfoncent le clou dans la direction opposée. Comment faire pour savoir si l'on a atteint la phase ultime de la pandémie ou si le meilleur reste à venir ' Trop tard, les protestations n'auront eu aucune influence sur les faiseurs de fetwas dont les décisions ont, de façon impensable, supplanté les recommandations d'une communauté scientifique composée d'experts et de professeurs en sciences médicales. Les moutons programmés pour le sacrifice ont été vendus. On se demandera, une fois les réjouissances passées, si ceux qui n'avaient pas accepté l'idée d'y renoncer auraient échappé au pire ou pas. Peu importe que par la suite il y en ait qui regrettent l'inconséquence du rituel auquel ils n'auront pas voulu renoncer.Après la célébration de Aïd El-Adha, il n'y aura plus qu'à attendre la publication des chiffres, pour confirmer le degré d'irresponsabilité de ceux qui, au sein du ministère des Affaires religieuses, auront déclaré sans gravité le sacrifice du mouton en temps de coronavirus et de progression de la pandémie. A moins que les chiffres en question ne témoignent d'effets miraculeux que l'on n'aurait pas vu venir ni même cru possibles sans l'intervention d'une autorité religieuse que personne n'ose plus contredire.
Un geste improbable dû à la bénédiction d'imams qui auront autorisé le sacrifice. Après nous avoir sournoisement invité à prier en attendant le vaccin, on nous décrira, peut-être, le réel impact qu'aura eu la distribution d'exemplaires du Coran sur un personnel médical aux prises avec une pandémie qui n'a ni dit son dernier mot ni est prête à rendre les armes. Prière ou pas prière, si le mal n'a pas encore livré tous les secrets censés expliquer la nature de sa malveillance aux chercheurs qui travaillent à l'enrayer, ce ne sont pas des fanatiques totalement largués qui guériront l'humanité d'un mal qui avance sans crier gare ! A moins que l'on veuille convaincre médecins et malades qu'il n'y aurait plus rien à faire que de prier. Mais où puise-t-on ce cynisme stupéfiant qui invite à renouer avec l'ignorance '
M. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Malika Boussouf
Source : www.lesoirdalgerie.com