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Brahim Tayeb, l'Archimède des mots En concert à la salle Ibn Khaldoun



Brahim Tayeb, l'Archimède des mots En concert à la salle Ibn Khaldoun
La salle rénovée et toujours plaisante n'était pas comble, mais il y a eu du beau monde qui, à 17 heures et quelques poussières, a pu retrouver sa coqueluche au mieux de sa forme. Un Brahim Tayeb ressourcé et toujours actuel même si ses chansons sont puisées d'anciens répertoires, mais qui n'en gardent pas moins une fraîcheur étonnante. Un joli bouquet odorant et coloré qui a sublimé une assistance de tout âge en ce printemps qui pointe enfin du bouton, pour faire bourgeonner dans la salle les refrains tant aimés et adulés de Brahim Tayeb. Lui, alerte, très à l'aise, ne se contente pas de chanter, il tient la conversation avec son public. Un échange très naturel, une voix qui transporte, entouré d'écoute religieuse et applaudissements nourris qui retentissent à bon escient. L'artiste qui ressent parfaitement ce répondant respectueux, fait tonner ses vocalises même si parfois les paroles sont restées inaudibles, en raison d'une sonorisation mal synchronisée. Mais qu'importe, les fans connaissent à la note près les textes des mélodies d'un autre temps, d'une autre saveur, d'un autre registre. Tout un travail de recherche effectué par Brahim Tayeb toujours soucieux de parfaire les épousailles entre musique et paroles. Des chansons à texte. Dans leur totalité, dans leur tonalité. Une signature singulière qui ne trompe pas. A la guitare ou au « aoud », les deux instruments fétiches de l'interprète de « Hemlaghkam » (Je t'aime), dont il a congratulé son public, l'artiste demeure égal à sa réputation d'interprète hors pair qui passe d'un genre à un autre, mais toujours dans la douceur. A la guitare sèche pour conter « Ussen nni » (Ces jours-là) chargés de nostalgie, dans le contenu et l'interprétation, puisque c'est ce titre-là qui lui est cher autant qu'à ses fans et repris en ch'ur par la salle, ou au « aoud » pour déclamer « Intas mathavgha » (Dites-lui si elle veut), le poète est prêt à toutes les concessions, à tous les sacrifices, lui offrir ses bras, son esprit, son corps, la prunelle de ses yeux... au nom de l'amour, de la démence et de la folie qui s'éprennent de lui... l'instrument des intonations orientales par excellence savent se déjouer de cette mesure pour dévier vers la mélodie kabyle, maghrébine, chaâbie, méditerranéenne, aux sources du flamenco, de la rumba, du jazz, pour les habiller d'une autre sonorité, que lorsque Brahim fait parler sa guitare pourtant dans les mêmes registres. Brahim Tayeb rend hommage à la musique, la sienne, il la veut universelle et il la réussit à tous les titres. L'artiste quitte le temps d'une interprétation la salle qu'il survole, plutôt ancré dans ses textes, dont la teneur ne tarde pas à contaminer l'esprit de ceux qui tendent une oreille attentive à ce qu'il veut leur transmettre. Communion modèle. Attention parfaite de la salle à la scène. Symbiose des grands moments musicaux : Brahim Tayeb chante « Athilawin », en hommage au maître Chérif Kheddam qu'il ressuscite en revivifiant ce grand texte du compositeur disparu voilà bientôt deux ans, puis un autre hommage au père du « pâtre grec », Georges Moustaki, pour lequel il dédie « Le fou d'Elsa » de Louis Aragon, chanté par Ferrat. Moment indescriptible que ce « Que serai-je sans toi... ' » dans la voix de Tayeb Brahim... Près de deux heures de scène mémorable plus tard, l'artiste se sépare de son public avec cette promesse de revenir bientôt avec un autre programme. Et la salle Ibn Khaldoun qui ne l'a pas vu s'y produire depuis le 4 septembre 2003, en plein succès alors fraîchement sorti dans les bacs (en mai) de son album « Intas ma thavgha », va l'accueillir le 18 juillet prochain en soirée, pour les veillée culturelles de Arts et Culture. Alors qu'il peaufine en ce moment et depuis un certain temps son best off où Brahim réunit 18 de son meilleur cru depuis les débuts de sa carrière. Bon vent, l'artiste !
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