
Un médecin honnête qu'on connaît depuis toujours à Boufarik. Le jour de sa disparition, toute la population de la ville des Oranges le regrettera immensément. Malgré ses 68 ans, Mohamed Taboudoucht, appelé par les Boufarikois «Tabib Taboudouche», ce fils d'El Ksari (ancien quartier de Boufarik) ne ménage aucun effort depuis déjà 38 glorieuses et loyales années de service pour soigner correctement ses patients.Issu d'une famille nombreuse (5 garçons et 3 filles), il a fait ses débuts scolaires à l'école Blandan le 1er octobre 1953, et ce, avant d'intégrer le collège mixte en 1958. «En dépit de la guerre de Libération nationale et des conditions sociales très difficiles à l'époque, j'ai pu obtenir coup après coup tous mes examens : 6e, CEP, BEPC et enfin le baccalauréat au lycée Ibn Rochd de Blida. Après le bac, j'ai intégré la faculté de médecine d'Alger où j'ai eu mon doctorat en médecine en septembre 1973 avec mention très honorable», raconte le médecin plein d'énergie.Etant plus simple que le monde qui l'entoure, respectable, il n'a jamais, d'après plusieurs témoignages de Boufarikois, sous-estimé un patient. Qu'importe sa condition sociale, qu'il soit vieux ou jeune, pauvre ou riche? Mohamed Taboudoucht se manifeste toujours positivement envers ses malades. Sa plus grande joie, dit-il, c'est quand il soulage un patient, non pas pour décrocher la fortune ou acquérir la richesse matérielle sur le dos des malades. «Il est simple, surtout pas orgueilleux, écoute attentivement son malade, comme s'il voulait apprendre de lui quelque chose de plus précieux pour servir à bien sa noble tâche», témoigne un de ses nombreux patients.Beaucoup d'enfants et d'écoliers boufarikois ou autres, de diverses générations et de couches sociales différentes, ont été couverts de ses soins et gracieusement la plupart du temps. Khalti Zhor, une vieille Boufarikoise raconte : «Depuis que mon défunt mari m'emmenait chez le docteur, c'était toujours ??Tbib Taboudouche'', ??c'est notre fils, quoi !'' Je ne connais pas un Boufarikois qui ne se soit pas soigné chez lui depuis des années déjà.A vrai dire, je ne lui ai jamais donné un dinar, car il connaît bien la situation de mon défunt mari et je ne suis pas la seule?»En effet, notre médecin sait ce qu'est la misère, car El Ksari, son lieu de naissance en 1947, était un ghetto où résidaient beaucoup de Boufarikois pauvres, mais dignes et solidaires. Sollicité souvent par de nombreuses personnes pour des soins à domicile, il se rend chez eux avec enthousiasme et esprit professionnel.Enfin, ce médecin ne prenait de vacances que s'il avait pu trouver un remplaçant idoine qui prendrait soin de ses patients et les traitait comme il l'aurait fait lui-même. «En 1975, après mon service militaire, je pouvais, comme certains de mes confrères, partir facilement à l'étranger, mais étant issu d'un milieu modeste, je me suis dit que sans le sacrifice de ces jeunes chouhada et de mes parents, je n'aurais jamais pu faire des études supérieures. Bref, pour moi, mes connaissances doivent servir mes compatriotes. Allah yarham echouhada», conclut le médecin humain, les larmes aux yeux. Il s'agit là d'un clin d'?il amical à tous les médecins de Boufarik qui se consacrent à un métier noble et plein d'humanisme à la fois?
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : T Bouhamidi
Source : www.elwatan.com