
Dans la bataille qu'il a engagée pour doter le pays de capacités qui lui permettront d'encaisser sans trop de dégâts pour sa situation économique et financière les effets de la présente crise pétrolière internationale et de celle pouvant à nouveau survenir dans l'avenir, le gouvernement a semble-t-il conscience que dans ce combat c'est le « temps le principal ennemi ». C'est en tout cas le message que le ministre de l'Industrie et des Mines, Abdessalem Bouchouareb, veut faire passer à l'adresse de l'ensemble des intervenants appelés à avoir une part dans la mise en ?uvre de la stratégie gouvernementale.Il est vrai en effet que l'Algérie est engagée dans une course contre la montre pour se doter d'une économie diversifiée et performante seule à même de la sortir de sa dépendance de ses seules ressources énergétiques. Il est donc pertinent de considérer que le facteur temps pour atteindre cet objectif est un paramètre crucial dont les opérateurs en question devront maîtriser la donne faute de quoi il pourrait faire obstacle à la réussite de cette stratégie de développement accéléré dont le gouvernement veut doter le pays. Cela est d'autant plus impératif que les autorités savent que si le temps est compté maintenant qui conditionnera la réussite ou l'échec de leur action visant le développement du pays, c'est en raison qu'elles ont dilapidé l'opportunité qu'il leur a offerte de réaliser cet objectif sans être bousculées par ses impératifs et contraintes.Ce que les gouvernants de ce pays promettent de concrétiser au plan économique et industriel en réponse à la crise dans laquelle le pays se débat, ils ont eu le temps large de l'engager et dans l'aisance dont ils ont disposé quand la manne pétrolière se déversait sans compter dans les caisses de l'Etat. Le temps ne les bousculait pas comme il le fait présentement et menace de le faire encore plus rudement quand les réserves financières dans lesquelles ils puisent encore s'assècheront irrémédiablement.A la tête d'un département ministériel, celui de l'Industrie et des Mines qui est en charge du suivi de l'application du volet le plus crucial de la stratégie gouvernementale, à savoir l'émergence au plus vite d'un secteur industriel productif et performant, Abdessalem Bouchouareb apparaît déterminé à partir en guerre contre les causes qui ont empêché qu'il en soit ainsi alors que l'Etat a pourtant pris l'initiative de lancer d'ambitieux projets et chantiers dans ce sens. La plus criarde et la moins justifiable est celle des retards qu'accuse quasi systématiquement la réalisation de ceux-ci.C'est à partir du chantier du méga-projet sidérurgique de Bellara dans la wilaya de Jijel qu'il a dévoilé comment il compte mener cette guerre. Le grand axe de sa stratégie consiste à délocaliser sur site « la conduite opérationnelle et décisionnelle » des grands projets qui ne doit plus être faite à partir de la capitale. Pour que l'efficacité de cette politique de délocalisation ait une chance de s'avérer, faut-il encore qu'il la fasse partager par certains de ses collègues dont les départements sont à un degré ou à un autre partie prenante dans la réalisation des projets en question. Ce qui compte tenu de la conception autoritariste et chatouilleuse pour ce qui est du respect de « la chasse gardée » auquel s'en tiennent certains d'entre eux augure que Bouchouareb n'a pas partie gagnée d'avance.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com