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BLIDA



BLIDA
C'est un fait maintenant bien établi en Algérie : à l'approche de chaque fête, les gens sont pris d'une envie subite de tout acheter, même ce dont ils n'ont pas grand besoin, ou en toute petites quantités. L'Aïd El-Adha étant une fête consacrée à préparer des mets succulents et traditionnels avec la viande du mouton sacrifié, les commerçants ont pris l'habitude (mauvaise) d'augmenter les prix de tous les produits, en particulier les fruits et les légumes. En effet, une semaine avant l'Aïd, la tomate était vendue entre 40 et 60 DA pour les plus belles pièces mais est arrivée à 140 et 160 DA la dernière semaine avant jeudi, soit près de trois fois son prix initial. La courgette est arrivée à 180 et 200 DA alors qu'elle ne coûtait que 60 à 80 DA une dizaine de jours auparavant. C'est la même chose pour la salade laitue qui a été vendue à 150 et 180 DA (50 DA avant), la pomme de terre entre 50 et 80 DA (25 à 40 DA avant), les carottes et la betterave à 100 DA (40 à 50 DA avant) et les autres légumes à l'avenant. C'est le même topo pour les fruits qui ont doublé de prix durant la dernière semaine avant l'Aïd. Il va sans dire pour la viande de mouton et les abats dont les prix ont été multipliés par quatre pour les abats (plus 200 à 400 DA pour la viande). Détrôné pendant un certain temps, le poulet n'a pas perdu beaucoup mais est resté quand même assez cher. Mais là où le bât blesse, c'est quand nous voyons tous ces gens, ces Algériens de classe moyenne ou plutôt basse, se ruer vers tous ces produits malgré les prix qu'ils savent élevés ‘contre nature', malgré la ‘blessure profonde' qu'ils vont faire à leur porte-monnaie et bien qu'ils sachent pertinemment qu'ils peuvent se passer pendant quelques jours de ces légumes et de ces fruits.Le problème final de l'Algérien devant la cherté de la vie reste ainsi l'indiscipline dans ses achats inconsidérés mais qu'il peut inverser en y mettant un peu du sien. Il faudrait que nous comprenions tous, qu'il y va de notre survie de boycotter carrément les produits trop chers, nous devons comprendre et faire comprendre à nos familles que ne pas manger de pomme de terre ou de carottes pendant quelques jours ne nous tuera point, au contraire, il nous fera gagner beaucoup d'argent. De leur côté, les commerçants véreux qui pratiquent ce genre de chantage seront obligés de revoir à la baisse leurs prix sinon ils vont tout perdre. Tout est là : comprendre que rien n'est indispensable, sauf peut-être l'air et l'eau dont nous ne pouvons nous en passer et qui, heureusement, ne peuvent faire l'objet de rétention ou d'augmentation des prix. Nous pouvons nous abstenir des produits trop chers pendant un certain temps et nous y gagnerons à tous les coups. Un habitué des marchés de gros m'a affirmé qu'un mandataire vendait la salade laitue à 40 DA le kilo mais les détaillants à qui il la proposait, ont refusé car, disent-ils : « Je vends la salade à 160 DA le kilo et ça marche très bien, alors pourquoi vais-je en acheter encore et inonder le marché pour la vendre à la moitié de ce prix ' ». Voilà où nous mène notre boulimie et l'anarchie dont nous faisons montre durant ces périodes. Sur un autre registre, la fermeture de la majorité des commerces la veille et le jour de l'Aïd ne milite pas en faveur d'une retenue dans les achats et les autorités devraient apprendre à sévir au lieu se contenter d'interpeller et de menacer. Les boulangeries, les épiceries, les laiteries fermées durant les trois ou quatre jours de l'Aïd augmentent cette impression de rareté (réelle) et poussent les gens à acheter plus qu'il n'en faut pour éviter de se retrouver en manque. J'ai parcouru les rues de plusieurs villes durant le premier jour de l'Aïd et il n'y avait que de rares magasins qui étaient ouverts, à peine 1%, ou peut-être nettement moins. C'est donc tout le monde qui doit s'y mettre, aussi bien le citoyen acheteur que l'Etat garant, pour nous éviter ces augmentations -nous le répétons- contre-nature des produits de grande consommation.


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