L'Université Saad Dahlab a vécu dimanche au
rythme des bombardements sauvages sur Ghaza, en Palestine occupée. Ils étaient
des milliers d'étudiants, de professeurs, d'agents à sillonner les allées de
cet espace de savoir et de liberté, scandant appels à l'arrêt des hostilités de
la part des sionistes et à davantage d'aide et de soutien de la part des
musulmans. Des banderoles blanches, d'autres noires, des drapeaux palestiniens
étaient brandis par les étudiants, dont beaucoup de filles et affichaient
ostensiblement leur désarroi devant toute cette souffrance des Palestiniens,
des enfants déchiquetés par les bombes, des maisons détruites et du spectacle
apocalyptique transmis en direct par les chaînes satellitaires. Quelques-unes sortaient
soudain des rangs et se mettaient à pleurer à chaudes larmes, se rappelant le
corps en morceau d'un enfant qui sortait de l'école et qui a été accueilli par
une bombe «il est mort sans qu'il le sache», hoqueta un étudiant, en parlant de
l'enfant, un parmi des dizaines. La marche a été très calme, la tristesse se
lisait sur tous les visages, les slogans anti-israéliens étaient repris par
tous. Dehors, au moment où la longue procession traversait la route pour se
rendre du côté de la Faculté des sciences économiques, les voitures se sont
arrêtées, les chauffeurs se sentaient solidaires des étudiants et même les
passagers des bus ressentaient des picotements leur parcourir l'épine dorsale.
Certains se sont même mis à fredonner les slogans répétés par les étudiants.
Des jeunes juraient qu'ils ne feraient qu'une bouchée des Juifs si on les
laissait faire, rappelant bruyamment la couardise légendaire des Juifs en
citant des sourates du Saint Coran. Les plus âgés, plus pragmatiques, accusent
les Arabes d'avoir failli à leurs devoirs et parlent des temps passés où
l'entraide était de mise entre les pays arabo-musulmans.
Dans les maisons, les femmes font taire les
enfants pour écouter les dernières nouvelles, le coeur serré et les yeux
embués, elles ont même oublié le dernier film turc à la mode. Et c'est ainsi
que l'Algérien continue de suivre avec une grande attention ce qui se passe en
Palestine et attend avec impatience que cesse cette barbarie.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Tahar Mansour
Source : www.lequotidien-oran.com