Les peintres, sculpteurs et les installateurs qui ont exposé dans le sous-sol de la médiathèque municipale, sont venus des quatre coins du pays, du Maghreb, mais aussi de quelques contrées de la rive nord de la Méditerranée.
La biennale méditerranéenne d'art contemporain d'Oran, clôturée samedi soir, n'a pas tenu toutes ses promesses mais a permis aux artistes participants de confronter leurs travaux. Les plasticiens, peintres, sculpteurs, installateurs, qui ont exposé dans le sous-sol de la Médiathèque municipale, sont venus des quatre coins du pays, de l'Afrique du Nord et de quelques contrées de la rive nord de la Méditerranée. Pour les amateurs d'art ou les curieux venus de l'extérieur, il fallait juste savoir où mettre les pieds. Les pièges à rats, repeints mais montés en bonne et due forme par l'artiste algérien Karim Sergoua, qui ont jonché le sol de l'exposition, ont fait sursauter plus d'un visiteur.
Une touche d'humour dans un univers pas toujours plaisant. La récupération des objets de la vie quotidienne a été l'une des caractéristiques de cette manifestation à l'exemple du «recyclage» par Kamel Zirag des bouchons en plastique, signe d'une surconsommation de boissons gazeuses, qui a explosé depuis l'ouverture du marché, mais non sans incidence sur l'environnement. Plus actuelle est la vidéo de la Tunisienne Faten Rouissi qui a filmé de jeunes artistes en train de repeindre à leur guise les carcasses de voitures détruites lors des évènements vécus par son pays en janvier 2011. Dans ce film, chacun y allait de son inspiration et, entre les slogans déjà rabâchés (dégage !) et des signatures plus subtiles (empreinte digitale géante), les participants tunisiens à cette foire de la peinture filmés par leur compatriote s'en donnaient à c'ur joie, découvrant par la même occasion les bienfaits de la liberté d'expression longtemps brimée.
«Les voitures que vous voyez dans le film appartenaient toutes au clan Ben Ali. Les gens qui se sont exprimés dessus l'ont fait avec beaucoup de subtilité comme cette empreinte symbolisant l'empreinte de la révolution», explique-t-elle. La liberté est le thème préconisé par sa compatriote Lamia Guemara. La symbolique des yeux, oreilles et bouche cousus (au sens propre) des personnages est évidente mais, rectifie-t-elle, les personnages qu'elle a peints pour cette exposition n'ont rien à voir avec l'Afrique mais sont inspirés de Cuba, un pays qu'elle a visité à maintes reprises lorsqu'elle a séjourné au Canada. Elle-même revendique la patrie de sa famille originaire de la région de Béjaïa pour expliquer sa tendance vers le multiculturalisme.
Aux aspects politiques, comme cette scène de répression policière, s'opposent les tendances oniriques prônées par d'autres artistes. Le Lyonnais (France) Flaye a poursuivi pour l'occasion son expérience artistique qui consiste à faire parler devant la caméra des gens ordinaires à qui il est demandé de s'exprimer sur leurs rêves. Sa mallette contenant, tel un puzzle, ses propres tableaux de peinture conventionnels qu'il déroule en arrière-fond, a fait le tour du monde avant d'atterrir à Oran, ce qui lui donnera, au final, un éventail de personnages d'une richesse impressionnante.
Le rêve n'a pas de frontière
Le rêve n'a pas de frontière et peut également s'exprimer à travers les photographies à l'instar des paysages presque cauchemardesques de Saïd Debladji ou des miroitements aquatiques de Hamid Aouragh. Confiné dans le sous-sol de l'ex-Cathédrale, l'évènement n'a pas eu l'écho souhaité. En comparaison, les expériences françaises, présentées respectivement en conférence par Caroline Coll, directrice de l'action culturelle de la Mairie de Saint Ouen et Laurence Darrigrand, directrice de l'action culturelle des «Abattoirs de Toulouse», apparaissent comme des exemples à suivre. La première a disserté sur l'implication de l'art dans l'espace public et la seconde sur la récupération d'un ancien bâti désaffecté transformé en musée qui intervient dans la vie publique, notamment en faveur des handicapés.
A Oran, le public attend beaucoup du projet (actuellement en phase de finalisation) de transformation des anciennes galeries marchandes, l'unité 506, en un musée d'art moderne. Les rendez-vous ratés de la manifestation concernent la conférence que devait donner Nadira Laggoun sur «l'art émergeant de la jeune création contemporaine en Algérie» et le thème portant sur «le marché de l'art en Algérie» qui a été pris en charge par le critique Ali Hadj Tahar mais qui a été noyé dans un long développement de l'histoire de l'art.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamel Benachour
Source : www.elwatan.com