Oran - Revue de Presse

Benyellès Abdelkrim (Entraîneur de l'USMBA) : «Le pourrissement a atteint son paroxysme»



La sanction infligée par la commission de discipline de la LNF à l'USMBA est tombée telle un couperet. Personne à Sidi Bel-Abbès ne s'attendait à un tel verdict. Les réactions ne se sont pas fait attendre.

L'entraîneur Benyellès, déçu par la décision de la LNF, estime que la sentence est exagérée.
 
Le Quotidien d'Oran: Quel est votre commentaire après la sanction de la LNF ?

Benyellès Abdelkrim: En tant qu'éducateur, et devant tant de violence, je suis d'avis pour que nos instances sévissent afin de juguler ce phénomène qui prend des proportions alarmantes. Cependant, la sanction me déçoit car il n'y a aucun règlement qui stipule que deux équipes soient sanctionnées. J'avoue qu'il s'agit là d'une décision hâtive prise avec beaucoup de légèreté et qui ne se base sur aucune loi.

Q.O.: Vous estimez donc que votre équipe a été lésée...

B. A.: Absolument, car la LNF n'a pas pris le temps nécessaire pour prendre connaissance du dossier et analyser les éléments de cette affaire. On ne traite pas un dossier aussi sensible en 48 heures après les événements. Je ne suis ni sectariste ni régionaliste, mais je pense que la Ligue aurait dû prendre le temps nécessaire pour trancher de façon équitable, comme cela a été le cas pour l'affaire du match USMAn-USMB. Et puis d'autres incidents sont survenus en début de la saison, comme lors de la rencontre USMH-MCA sans que personne n'ait crié au scandale. Ce deux poids, deux mesures de la LNF ne rend pas service à notre football, déjà malade de ses gestionnaires. L'impartialité des instances dans le traitement des dossiers et la prise de décisions doit être effective à même de lever toutes équivoques.


Q.O.: A quelle sanction vous vous attendiez ?

B. A.: Un match à rejouer à huis clos aurait été la solution la plus sage. On ne sanctionne pas une équipe de la sorte. Et puis à Arzew, le service d'ordre n'a pu assurer la sécurité des joueurs et des supporters des deux camps. J'affirme qu'entre joueurs, le fair-play était total, jusqu'à cette fatidique trente-cinquième minute où la violence a éclaté.

Q.O.: Selon vous, existe-t-il un complot contre les équipes de l'Ouest ?

B. A.: L'attitude de la LNF pousse les gens à croire à cette hypothèse. Maintenant, c'est aux présidents de clubs de prendre leurs responsabilités. Le football à l'Ouest est dans une situation telle que ses gestionnaires doivent s'organiser et se solidariser. Cela ne peut qu'avoir des répercussions positives aussi bien sur la région que sur le pays.

Q.O.: A vous entendre, on sent que vous n'avez plus le coeur au football...

B. A.: Le pourrissement a atteint son paroxysme. Je ne vous cache pas que si le mal persiste, je n'hésiterai pas un seul moment à abandonner le métier d'entraîneur, du moins dans notre pays. Le football est un jeu, un divertissement mais aussi une éducation, un moyen de rapprochement et de fraternité. Malheureusement, chez nous le sport roi par excellence a perdu toutes ses vertus. Même les voyous l'envahissent pour se faire un nom. Chez nous, il est devenu une enseigne pour des intérêts personnels.

Q.O.: Cette sanction ne va-t-elle pas affecter le moral du groupe?

B. A.: Absolument pas. Ce n'est pas une telle décision qui va nous perturber. Il est vrai que la sanction fait mal, mais nous n'allons pas céder au découragement. Au contraire, les joueurs doivent persévérer et redoubler d'efforts. Je crois que le groupe est plus que jamais fort mentalement pour aborder les prochaines échéances avec un esprit de gagneur.


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