C'est le constat de beaucoup de citoyens
qui se plaignent d'être, ces derniers temps, confrontés, lors de leurs courses
ménagères quotidiennes, à un manège peu habituel.
Chez tous les commerçants où ils se
rendent, et qu'ils présentent un billet de banque, on leur réclame de la petite
pièce sinon de faire la monnaie chez le voisin ou ailleurs. Et quand un
commerçant accepte le billet et aperçoit que le client tient dans l'autre main
une petite monnaie, il n'hésitera pas un instant pour lui demander de lui
échanger. Cette pratique qui, nous dit-on, a tendance à gagner tous les
commerces, même les bouchers où le niveau de change commercial se fait
normalement en dizaines de dinars.
«Que ça soit chez le boulanger, chez l'épicier du coin, le
poissonnier, le marchand de légumes ou même dans les KMS, je suis aujourd'hui
obligé d'avoir une poche remplie de pièces de monnaie pour être sûr d'acheter
ce que je suis venu chercher et de quitter au plus vite le magasin ou le
marché. Et quand le commerçant est gentil ou que vous passez souvent chez lui,
pour ne pas dire client, il vous dira de prendre le produit puis de payer
après, après que vous ayez fait d'autres achats et que vous ayez réuni de la
monnaie», commentera Magid. De son côté Sid-Ahmed nous dit «Et quand on voit
que vous avez de la monnaie dans la main, l'on ne se gênera pas de vous servir
en premier». Sauf, comme nous le fera remarquer un autre citoyen, quand vous
payez avec un billet de 1.000 dinars, là le commerçant se dépêche de vous
l'enlever. «Histoire peut-être de les mettre le soir dans l'oreiller»,
ironisera ammi Boubekar, un retraité plein d'humour. Pour certains commerçants,
le «phénomène» est devenu plus important, notamment avec l'avènement de tous
ces petits commerces (kiosques, tables ambulantes…), le débarquement de tous
ces commerces farfelus qui s'installent autour du marché ou dans les coins de
la ville, ou encore avec les commerces périodiques ou circonstanciels
(crèmeries, glaces…).
La
monnaie part dans tous les sens. D'autres estiment que toutes ces peines de
répondre à la clientèle ont commencé depuis que la majorité des commerces se
sont équipés de balance électronique, matériel qui indique la valeur à payer au
dinar près. Pour compléter notre tour de table et comprendre bien cette
situation, nous sommes allés dans une banque à Béni Saf. Sous l'anonymat, un
employé nous a indiqué que toute banque reste disposée à fournir sous forme de
retraits d'argent, à toute personne domiciliée chez elle, autant de liquidités
de monnaie qu'elle en exprimera.
Dans le cas de manquement de liquidités, ajoute celle-ci, la
banque peut se donner un délai maximal de 72 heures pour satisfaire son client
demandeur. Cette même source banquière s'est montrée d'ailleurs désappointée de
voir autant de commerçants ne détenir de compte courant bancaire auprès d'une
quelconque banque. Bien que tant pis pour les clients, la balle est dans le
camp des commerçants, me diriez-vous ! Mais entre-temps certains d'entre eux se
contentent toujours de faire du «SD» (système débrouille-toi), quitte à
s'alimenter en monnaie chaque vendredi, auprès des mosquées à l'issue des
collectes d'argent. Alors, autre question, après le distributeur de billets de
banque, à quand la carte de crédit ?
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Mohamed Bensafi
Source : www.lequotidien-oran.com