Béni-Khaled, quartier populeux situé surles hauteurs et au sud de la ville de Béni-Saf, est aujourd'hui de plus en plusisolé. La cause, la route, qui le relie à la ville, est dans un étatlamentable. Aujourd'hui, la plupart des résidents de ce quartier ont décidé delaisser leur véhicule au garage et de prendre le bus ou le taxi, si taxi il ya, car les taxieurs (agréés ou clandestins) ont mis un trait sur cettedestination. Ni les pneus, ni les amortisseurs, ni encore les ressorts à boudinou autre organe de suspension ne résistent à ces indéterminables nids de pouleou encore, par endroits, des poches, affirme un chauffeur de taxi. Néanmoins,et fort heureusement, des bus continuent de «monter» vers ce quartier. La lignedesservant ce quartier et ses proximités est la plus empruntée. Un peu comme 50%, nous dit-on, des usagers du transport urbain de la ville de Béni-Safvoyagent sur cet itinéraire «Poste centrale - Béni-Khaled». Tewfik habiteBéni-Khaled et est commerçant en ville. Chaque jour, il doit prendre le bus (ouun taxi) pour être à la bonne heure pour ouvrir son magasin. «Avant, dit-il,les bus passaient à 10 mn d'intervalle, aujourd'hui, il faudrait attendre 30 mnou plus pour voir venir à l'horizon un bus qui avance comme une tortue, berçantà volonté ses occupants. Les taxis, on en voit rarement». Précision, cetteroute n'est presque plus carrossable, et toutes les «04 roues» qui l'empruntentaujourd'hui, ont du mal à éviter les crevasses. Pour les éviter, les chauffeursde bus sont obligés de zigzaguer sur la chaussée. Et ça, ça leur fait perdre dutemps dans leur tournée. Pour rattraper ce décalage dans les horaires,l'opérateur qui exploite cette ligne a mis, nous dit-on, six autobussupplémentaires. «Mais combien de temps, dira un abonné sur cette ligne, cet opérateurva-t-il continuer à garder ses bus sur une route qui se dégrade chaque jour deplus en plus». Car, croit-on savoir, que si cette situation perdure, il finiratôt ou tard par mettre ses bus au parc. Installés de part et d'autre, sur lesdeux côtés de la route, des commerçants ne voient plus revenir les clients.Leur chiffre d'affaire a touché le fond. Pire encore, pour protéger leursproduits contre la poussière, ils sont obligés d'arroser, à longueur dejournée, leur périmètre. Les enfants (et fort heureusement on est à quelquesjours des grandes vacances), pour ceux qui fréquentent les établissementsscolaires éloignés, chaque jour est un enfer. En hiver, c'est la boue sinonc'est la poussière. Enfin, il ne faudrait pas cacher que presque la même situationest vécue dans les quartiers comme Duplex, Bouhmidi (côté El-Bitour), ou encoreNahda où les chaussées sont dans un état déplorable. Cependant, l'on serappelle qu'à un certain temps, du côté de l'hôtel de ville, l'on avait déclaréque les financements des projets sont là. Pour en savoir plus, on est allé voirle P/APC, fraîchement installé. Il n'a pas caché sa peine devant un cas, qu'ila qualifié d'inattendu : «Tout était fin prêt pour refaire la chaussée saufqu'en dernier moment aucune entreprise spécialisée n'était disponible. Leprojet était inscrit, sa décision de crédit est là, mais aucune entreprisespécialisée dans le bitumage bétonné n'a soumissionné malgré les 04 avis appelsd'offres, dont un sélectif, lancés», dira le nouveau maire. maintenant,ajoutera-t-il, il faut se plier à la réglementation qui prévoit un transfert depouvoirs. Le marché, étant inscrit en PCD passe en PSD, et devient du ressortde la DATP (direction de l'aménagement territoriale et du plan) de la wilaya,expliquera t-il. Cette dernière devra néanmoins trouver un preneur du marché. Enfin, et en attendant pour voir ce goudron prendre place surcette chaussée, les Béni-khaledois, du moins certains, se sont convertis enmarathoniens. La descente en ville, ils la font à pied.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Mohamed Bensafi
Source : www.lequotidien-oran.com