Les commerçants, une quarantaine, du marché
couvert du centre-ville ont observé, ce dimanche, un arrêt de travail en signe
de protestation contre le commerce informel qui se tient, rapportent-ils dans
une lettre adressée aux responsables locaux, régulièrement dans les alentours
des dits lieux. Les citoyens, même les lève-tard, ont été agréablement surpris
de voir encore tous les rideaux des étals encore baissés et leurs propriétaires
adossés à un mur à l'extérieur du marché. Approchés, des commerçants nous ont
d'abord affirmé qu'ils étaient «en grève» pour la journée (dimanche) et qu'ils
étaient prêts à renouveler leur action afin de faire valoir leurs
revendications.
L'un d'eux souligna qu'il n'est plus question de rester dans cette
situation avant d'ajouter: «Nous autres, nous sommes en situation légale, nous
sommes affiliés au registre de commerce, nous payons tous nos droits (location,
impôts, Casnos…) et nous subissons la loi de la concurrence illégale». Avant
d'être interrompu par son voisin de mur: «Quand tu n'es pas soumis à des
redevances, tu peux vendre comme tu veux, et c'est là toute la différence». Il
est vrai que ce bras de fer opposant les commerçants aux autres (qu'on va
nommer ainsi les sans-papiers) remonte à plusieurs mois, voire années.
Récemment, alors que les sans-papiers se sont plaints auprès des responsables,
ces derniers leur auraient accordé l'autorisation d'exercer uniquement lors des
week-ends ou jours fériés en attendant de trouver des solutions de rechange.
Mais selon les grévistes, ceux-là continuent de s'installer aux
portes du marché ou sur les contours. Et pour faire la part des choses, on a
laissé balader notre micro parmi ces sans-papiers. L'un d'eux dira: «Moi, j'ai
4 fils qui ont chacun fourni un dossier pour avoir un étal mais aucun n'a vu
son nom figurer parmi la liste alors que certains en exploitent 2 voire 3
étals. Alors nous aussi on a des bouches à nourrir». Et il s'éloigne, peut-être
pour laisser apaiser sa colère. Mais le paradoxe, et il faudrait le souligner,
que souvent des «vrais» commerçants viennent s'installer à l'extérieur,
histoire de déjouer cette concurrence illégale, soit-elle. Enfin, et à l'heure
où nous mettons sous presse cette information, les commerçants maintiennent
toujours leur action pour la reprendre que demain matin.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Mohamed Bensafi
Source : www.lequotidien-oran.com