Le président Belhocine Aïssa qui était animé de bonne volonté pour
permettre à son club de toujours, la JSMT, de retourner dans l'antichambre de
l'élite, n'a pu atteindre son objectif. S'étant retrouvé seul à subvenir aux
besoins de l'équipe, il crie son ras-le-bol car, dit-il, une hirondelle ne fait
pas le printemps. Et du coup il annonce qu'il quitte définitivement le club.
Le Quotidien d'Oran: Un mot sur le parcours de votre équipe ?
Belhocine Aïssa.: Que voulez-vous que je vous dise si ce n'est que pour
une équipe de la trempe de la JSMT avec son passé glorieux, elle devait en
principe coûte que coûte accéder car sa place n'est pas en Inter-régions.
D'ailleurs je n'ai pas lésiné sur les moyens pour atteindre cet objectif.
Malheureusement pour une raison ou une autre, on n'a pas réussi dans notre
entreprise. Toutefois, si on prend en considération les conditions dans
lesquelles j'ai pris le club, soit à dix jours du coup d'envoi du championnat,
je dirai que le parcours de l'équipe est satisfaisant d'autant qu'elle n'a pas
effectué de préparation d'intersaison, sans parler de dettes qu'a engendrées le
club durant les dernières saisons et dont le montant exact est inconnu
jusque-là, ajouter à cela les comptes bancaires qui étaient bloqués.
Q.O.: Les supporters n'arrivent toujours pas à digérer cet échec. Un
commentaire ?
B.A.: Je les comprends parfaitement, mais je leur dirai que j'ai la
conscience tranquille car j'ai fait de mon mieux pour leur redonner le sourire.
Maintenant il faut accepter sportivement cet échec. Le plus important dans tout
cela est de tirer les enseignements nécessaires et de rectifier le tir afin de
repartir du bon pied la saison prochaine. D'ailleurs mon successeur ne trouvera
pas de difficultés pour gérer l'équipe.
Q.O.: Peut-on comprendre par là que vous êtes partant...
B.A.: Absolument, j'ai décidé de quitter le club et croyez-moi que c'est
une décision mûrement réfléchie et irrévocable. Sincèrement, il est
inadmissible pour quelqu'un qu'on a suppléé pour prendre le club se retrouve
seul sans aucune aide durant toute la saison, c'est vraiment écoeurant. J'ai
dépensé plus de 2,7 milliards de centimes, alors que les subventions qui nous
ont été accordées sont de l'ordre de 800 millions de centimes, dont 500
millions ont servi au remboursement des créances. Est-ce raisonnable pour
quelqu'un qui est venu prêter main-forte à un club qui était vraiment en ruine
et ça tout le monde le sait alors que par le passé les subventions avoisinaient
les 3 milliards de centimes. J'en ai ras le bol des promesses. Je ne vais pas
m'aventurer car la JSMT demeure après tout le patrimoine de toute une wilaya et
non pas d'une seule personne.
Q.O.: Apparemment, vous regrettez d'avoir accepté de prendre le club...
B.A.: Non, je ne regrette rien, car après tout il s'agit d'une équipe de
ma ville natale. Toutefois que tout le monde sache que la réussite d'une équipe
passe impérativement par le soutien de tout le monde et en premier des
autorités.
Q.O.: Un mot sur les nouveaux amendements de la FAF...
B.A.: Ils sont venus à point et c'est d'ailleurs la seule issue pour
élever le niveau de notre football, sauf que je suggère au président de la FAF
d'exiger des directions des OPOW de doter leurs stades de caméras de surveillance,
car croyez-moi c'est une manière de combattre la violence qui ne cesse de
prendre de l'ampleur. Aussi concernant la limite d'âge exigée pour les équipes
de l'Inter-régions et au dessous, je dirai qu'un joueur qui a longtemps évolué
au palier supérieur et qui dépasse les 32 ans peut rendre d'énormes services
dans les divisions inférieures et ce grâce à son capital expérience, notamment
pour un gardien de but. Par ailleurs, il faut trouver d'autres moyens plus
percutants pour mettre fin aux magouilles. Notre sport roi est envahi par les
maquignons et c'est ce qui explique d'ailleurs sa régression
Q.O.: Que pourriez-vous ajouter ?
B.A.: Tout d'abord, je remercie les joueurs, le staff technique et les
supporters pour leur soutien indéniable, malheureusement je leur dirai que ma
décision est irrévocable. Je demande à tous de se remettre au travail car il y
aura forcément un nouveau président. Le meilleur cadeau qu'ils puissent
m'offrir, c'est de faire accéder l'équipe en division deux et je leur promets
une forte récompense. Aux supporters, je dirai maintenant que ma décision de
quitter le club n'est nullement une fuite en avant mais tout simplement je me
suis senti lésé. J'ai fait face seul aux nombreuses dépenses et comme on dit :
une hirondelle ne fait jamais le printemps.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Propos Recueillis Par Kamel Lezoul
Source : www.lequotidien-oran.com