« Ce n?est pas un signe de bonne santé politique »
Belaïd Abdeslam considère que la réforme de la loi sur les hydrocarbures n?avait pas de raison d?avoir lieu. L?hôte du forum de la Chaîne II, jeudi dernier, s?est affiché clairement contre cette réforme, considérant que, dans la période où elle a été suggérée, « cette loi est inutile ». Selon lui, « on n?avait pas besoin de ça, on pouvait continuer » sans cette réforme. Mieux, il s?oppose carrément à la manière avec laquelle est mené actuellement tout le processus de réformes économiques.« Dans l?économie, ce qui se fait actuellement, ce n?est pas ce que j?aurais fait, mais je considère que ce n?est pas ce qui est important dans la période actuelle », a-t-il dit. Ne s?arrêtant pas là, Belaïd Abdeslam juge d?ailleurs que, « dans le domaine de l?économie, il n?y a pas de tabou ». « L?économie n?est pas du Coran », a-t-il ajouté. Une façon de dire que rien n?est irréversible en termes de choix économique. M. Abdeslam considère que, dans la période actuelle, « l?important est la stabilité et le rétablissement de la paix et de l?homogénéité sociales ». L?ex-chef du gouvernement de la période refuse de rester passif face à la mondialisation. Une mondialisation qu?il définit comme étant « la mise en coupe réglée du monde sous la domination des Américains ». LA LOI DU 23 FÉVRIER : « UNE PROVOCATION » En clair, selon lui, « c?est un retour au système colonial sous une autre forme ». Belaïd Abdeslam tranche ce point en disant que « la mondialisation est la concurrence par la misère ». Une mondialisation qui, selon lui, se traduit aussi à travers le « sabotage de l?industrie qui a commencé juste après la mort de Boumediene ». Sonatrach ? Sonatrach, pour lui, « c?est une entreprise qui doit s?affirmer par elle-même ». A propos de la lutte contre la corruption, Abdeslam dira : « Je suis contre la méthode qui consiste à dire que quand il y a beaucoup qui parlent de la corruption, il suffit de prendre quelques boucs émissaires et de les présenter à l?opinion. » « La corruption est, à mon avis, un système qu?il faut attaquer dans le fond », souligne-t-il, avant d?ajouter qu?« il faut attaquer de loin les personnes ». De la même manière, l?ex-père de l?industrialisation s?oppose également à la réforme de la Constitution. « Ce n?est pas un signe de bonne santé politique de changer la Constitution », a-t-il dit. A ses yeux, « une Constitution doit permettre de s?adapter à toutes les phases. Malheureusement, chez nous, les constitutions, c?est le reflet de celui qui est au pouvoir ». Tout en estimant que « ce n?est pas bon de changer la Constitution », Belaïd Abdeslam considère que « ça ne sert à rien de la changer si celle-ci n?empêche pas toutes les initiatives qui sont bonnes pour faire progresser le pays ». Sur un autre chapitre, Belaïd Abdeslam qualifie la loi française du 23 février sur les bienfaits de la colonisation de « provocation ». Selon lui, « pour certains Français, les Algériens sont des criminels ». « Certains continuent de croire que ce pays est le leur et que les Algériens le leur ont enlevé de force, ce qu?ils n?ont pas accepté », a-t-il expliqué. Or Belaïd Abdeslam rappelle à ceux-là que l?Algérie a recouvré l?indépendance après une guerre. Par ailleurs, Belaïd Abdeslam n?est pas tout à fait contre la signature d?un traité d?amitié avec la France. « On peut faire l?amitié, mais nous continuerons à dire ce que nous ont fait les Français chez nous », a-t-il dit. « Eux ont fait leur histoire, nous, nous avons fait notre histoire », a tout simplement ajouté à ce propos M. Abdeslam.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : Rabah Beldjenna
Source : www.elwatan.com